Une église, dédiée à Saint Pierre, dut être construite au XI° siècle, à Joyeuse, à proximité du château, à l’emplacement de l’église actuelle ; c’est cette église qui fut, en 1111, donnée par Léger, évêque de Viviers, aux moines de Cluny, avec l’église N.D. de Rosières dont elle dépendait. De 1111 à 1617, Saint Pierre de Joyeuse fut une annexe du prieuré de Rosières qui relevait lui-même du prieuré bénédictin de Ruoms.
Au début du XVII ͤ siècle, l’ancienne église Saint Pierre menaçant ruine et, de plus, étant devenue trop exiguë pour les besoins d’une population qui n’avait cessé d’augmenter, il fallut songer à sa réfection et, dans ce but, faire le choix d’un architecte capable.
La raison principale qui fit emporter la décision de la nécessité d’une nouvelle église, fut que Joyeuse était devenue une paroisse en 1617 et que les pères de l’Oratoire, au nombre de huit, venaient d’aménager le collège alors construit contre l’église et qu’ils avaient été désignés comme prêtres de la nouvelle paroisse.
Les consuls désignèrent le R.P. François Fressinand, supérieur de l’Oratoire et curé, excellent architecte, qui accepta cette mission.
L’église actuelle se compose de plusieurs parties d’âges différents, correspondant aux transformations successives depuis le XIII ͤ siècle.
Du XIII ͤ siècle : La croisée du chœur avec sa voûte en ogive primitive de forme bombée.
Des XIV ͤ et XV ͤ siècles : La chapelle latérale (sainte Thérèse Couderc) située à gauche de la nef après la chapelle ducale : voûte en ogives retombant sur des culots sculptés (anges et armoiries).
Début XVI ͤ siècle : la chapelle ducale de Sainte-Croix, dite aussi N.D. de Pitié, devenue N.D. de Lourdes ou chapelle de la Vierge. C’est une très belle construction de style gothique flamboyant, ancienne chapelle du château avec lequel elle communiquait autrefois directement par un passage voûté, détruit au XIX ͤ siècle, lors de l’aménagement de l’actuelle sacristie.
Du XVII ͤ siècle : la nef de quatre travées, les quatre chapelles latérales de gauche, les deux chapelles latérales de gauche en prolongement de la chapelle sainte Thérèse Couderc. Le porche, la façade et le clocher furent reconstruits entre 1669 et 1675 par les Pères de l’Oratoire suivant les plans établis par le Père Freyssinand, supérieur du Collège et curé de Joyeuse. Le but du R.P. Freyssinand était de rendre l’église régulière avec des chapelles disposées symétriquement de part et d’autre de la nef, en conservant le chœur et les chapelles gothiques situées au nord de l’église. Afin de conserver à l’édifice son unité de style, il eut le grand mérite de bâtir la nef sur croisées d’ogives, respectant la disposition primitive de l’église, dans une époque où le style gothique était méprisé. Cette nef constitue un très rare et très curieux exemple de survivance de l’esprit gothique en pleine époque classique.
Du XIX ͤ siècle : construction de la chapelle saint Régis (souvenir d’une mission que le saint prêcha à Joyeuse) à gauche du chœur, en symétrie avec la chapelle ducale.
Bien que respectant le principe du R.P. Freyssinand, la construction n’est pas de même facture que le reste de l’église. Cette chapelle fut achevée en 1826, avec, en prolongement, la petite sacristie ; elle devait permettre de loger les Pénitents dépossédés de leur chapelle du Pouget depuis la Révolution.
En 1849, la commune construit l’abside en hémicycle, avec stalles pour les Pénitents Blancs. Dès lors, les élèves des écoles des frères occuperont alors la chapelle st Régis.
Depuis 1988, l’église est inscrite à l’inventaire des Monuments et bâtiments historiques.
L’association AREJ organise des visites ou concerts en l’église à l’occasion des Journées du Patrimoine et autres manifestations locales en saison estivale et hivernale.
