Saint Jacques, appelé Jacques le Majeur pour le distinguer de l’autre apôtre Jacques (fils d’Alphée), est né en Galilée au début du Iᵉʳ siècle. Fils de Zébédée, un pêcheur prospère du lac de Tibériade, il exerçait ce même métier avec son frère Jean, lorsque Jésus les appela tous deux pour en faire ses disciples. Les Évangiles synoptiques (Matthieu 4:21-22, Marc 1:19-20, Luc 5:10) décrivent cette rencontre : Jésus les trouve en train de réparer leurs filets et les invite à le suivre. Ils abandonnent immédiatement leur travail pour se joindre à lui.
Son tempérament impétueux lui valut, ainsi qu’à son frère Jean, le surnom de « Boanergès », c’est-à -dire « fils du tonnerre », donné par Jésus lui-même (Marc 3:17). Ce surnom reflète probablement leur caractère passionné, voire colérique. Un épisode célèbre illustre ce trait : dans l’Évangile de Luc (9:54), Jacques et Jean demandent à Jésus s’Il veut qu’ils fassent tomber le feu du ciel sur un village de Samaritains qui avait refusé de les accueillir. Jésus les réprimande pour cette réaction violente.
Jacques fit partie du cercle restreint des disciples les plus proches de Jésus, avec Pierre et Jean. Il assista à des moments clés de la vie du Christ, comme la Transfiguration (Matthieu 17:1-9, Marc 9:2-10, Luc 9:28-36), où Jésus se révèle dans sa gloire divine, ainsi que l’agonie au jardin des Oliviers (Matthieu 26:36-46, Marc 14:32-42), où Jésus prie avant son arrestation.
Après la Pentecôte (Actes des Apôtres 2), où les disciples reçoivent l’Esprit Saint, Jacques joue un rôle actif dans la jeune Église. Les Actes des Apôtres (12:1-2) rapportent qu’il est arrêté par le roi Hérode Agrippa Ier (petit-fils d’Hérode le Grand) vers l’an 42 ou 44. Ce dernier, cherchant à plaire aux Juifs, fait exécuter Jacques par décapitation, faisant de lui le premier des apôtres à subir le martyre. Ce récit est confirmé par l’historien juif Flavius Josèphe (Antiquités judaïques, XX, 9:1), qui mentionne l’exécution de Jacques, fils de Zébédée, sur ordre d’Agrippa Ier.
La tradition ultérieure, notamment à partir du IXᵉ siècle, associe saint Jacques à l’évangélisation de l’Hispanie (l’Espagne actuelle). Cependant, cette tradition repose principalement sur des légendes médiévales, comme celles rapportées dans le Codex Calixtinus (un manuscrit du XIIᵉ siècle). Aucune preuve historique solide ne confirme sa présence en Espagne. En revanche, son martyre à Jérusalem est un fait attesté par les textes bibliques et historiques.
La légende de la translation de son corps vers l’Espagne apparaît plus tardivement. Selon cette tradition, après sa décapitation, son corps aurait été transporté par des disciples dans une embarcation jusqu’aux côtes de la Galice, où il aurait été enterré. Au IXᵉ siècle, un ermite nommé Pélage (ou Pelayo) aurait découvert sa tombe dans un bois de la région, après avoir été guidé par une étoile. Ce lieu, appelé Campus Stellae (Champ d’étoiles), devint Saint-Jacques-de-Compostelle, l’un des plus grands centres de pèlerinage du monde médiéval. Bien que cette légende soit largement répandue, elle ne repose pas sur des preuves historiques tangibles. Cependant, le pèlerinage de Compostelle est devenu un phénomène culturel et religieux majeur dès le Moyen Âge, et le chemin de Saint-Jacques est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Saint Jacques le Majeur reste une figure centrale du christianisme, célébrée le 25 juillet. Son héritage spirituel, son martyre précoce et la dévotion populaire qui l’entoure en font l’un des saints les plus vénérés de l’Église.