Château de Biron
Le château de Biron se situe dans le sud de la Dordogne actuelle aux confins du Périgord Pourpre et du Périgord Noir. Construit sur une butte rocheuse, il domine la vallée de la Lède. Depuis sa construction au XIe siècle, c’est le siège d’une des quatre plus anciennes baronnies du Périgord : les Gontaut-Biron qui l’ont occupé pendant neuf siècles.
Le château de Biron pendant la croisade des Albigeois
Au XIIe puis XIIIe siècle, le catharisme devient une hérésie très importante dans le sud du royaume de France. Pour contrer cela, le pape Innocent III appelle à la croisade : c’est la croisade des Albigeois. En 1211, le château de Biron tombe aux mains des albigeois. Ils le remettent à Martin d’Algaïs, un seigneur local étant devenu un capitaine routier qui agit sous les ordres de Jean sans Terre, roi d’Angleterre. En 1214, Simon de Montfort, comte de Leicester et une des principales figures de la croisade, assiège le château. Les habitants lui ouvrent les portes et Martin d’Algaïs est trainé par les pieds puis pendu. En 1222, Louis VIII remet le château à Henri de Gontaut.
Son évolution jusqu’aux malheurs de la guerre de Cent Ans.
Le château a connu de nombreuses rénovations et agrandissements au fil des siècles ce qui rend compliqué l’étude du château médiéval. Les vestiges du XIIe siècle montrent un château étendu avec de grands bâtiments établis dans des endroits opposés du site. Cela peut laisser penser que plusieurs familles nobles occupaient le château comme c’était souvent le cas dans le Périgord.
Certaines tours ont également gardé leurs fondements du XIIIe siècle comme la « Tour anglaise ». Cependant, ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, il ne reste du donjon octogonal d’origine datant du XIVe siècle que la cave.
Pendant la guerre de Cent Ans, le château de Biron est la cible de nombreux sièges par les Anglais. En effet, le Périgord est une zone disputée, étant à la frontière entre le royaume de France et la Guyenne anglaise. Bien que les Gontaut soient fidèles aux rois de France, le château change de main à plusieurs reprises. C’est après la fin de la guerre qu’a lieu l’un des sièges les plus important : celui de 1463 où les Anglais incendièrent le château
L’ascension des Gontaut Biron et les transformations de la Renaissance
La fidélité de la famille Gontaut, et notamment de Gaston VI de Gontaut envers les rois de France, ainsi que les alliances maritales, ont permis à la famille de devenir plus puissante. Ainsi, Pons de Gontaut Biron devient un compagnon important de Charles VIII dans ses campagnes en Italie. En 1492 il obtient du roi toute justice sur les terres de Biron ainsi que la nomination de son frère à l’évêché de Sarlat. Il se marie ensuite une seconde fois avec Marguerite de Montferrand ce qui permet de rassembler deux branches de la famille Gontaut
Après les nombreux sièges subis pendant le XVe siècle, le château doit être rénové. Gaston VI de Gontaut entreprend ces travaux. Il réhabilite les vieux logis ainsi que certaines tours dans les parties sud et est du château. La fin du XVe siècle et le début du XVIe marquent la transition entre le Moyen Âge et l’Époque Moderne. A cette période, la Renaissance se propage depuis l’Italie dans toutes les cours d’Europe et dans les familles nobles.
Par la suite, c’est Pons de Gontaut qui transforme la forteresse médiévale en la modifiant pour en faire une demeure de la Renaissance. Les anciens bâtiments sont remaniés et il en fait construire de nouveaux comme le « Logis Vieux ». Il fait également construire une somptueuse double chapelle dans laquelle lui et son frère sont enterrés. Dans cette chapelle il y avait notamment une Pieta ainsi qu’une Mise au tombeau du Christ qui sont aujourd’hui au Metropolitan Museum de New York.
Armand de Gontaut Biron, maréchal de France
Ses descendants continuent les travaux avec Jean de de Gontaut Biron puis Armand de Gontaut Biron. Ce dernier combat dans l’armée française face aux protestants dans les guerres de Religion. En 1577, il est nommé maréchal de France. Après l’assassinat de Henri III, il rallie Henri IV, pourtant protestant, et combat pour lui face à la Ligue catholique. En parallèle, il continue à agrandir et moderniser le château de Biron. Il débute la construction du grand logis neuf à la fin du XVIe siècle. Cependant, il meurt pendant le siège d’Épernay en 1592. Ce sont sa femme, Jeanne d’Ornezan, et son second fils Jean qui finiront la construction du bâtiment.
La chute du duc de Biron
Son fils ainé, Charles de Gontaut Biron, devient maréchal de France en 1594 puis duc et pair du royaume en 1598. Cependant, il ne se satisfait pas de tous ces honneurs que lui donne Henri IV. Il complote avec le duc de Savoie qui veut que la noblesse française se soulève contre son roi en 1602. Finalement, le duc de Sully met à jour le complot. Lors de son procès, Henri IV essaie en vain d’obtenir des aveux de sa part afin qu’il se repentisse pour pouvoir lui pardonner. Il est finalement condamné à mort et décapité le 31 juillet 1602. Le duché et ses biens sont confisqués à la famille Gontaut Biron, ce qui mit fin aux travaux dans le château de Biron.
Le renouveau du château aux XVIIIe et XIXe siècles
Plus d’un siècle plus tard, Charles Armand de Gontaud Biron fait ses armes dans l’armée française à la fin du règne de Louis XIV. Après la mort de ce dernier en 1715, il entre au conseil de Régence en 1721. Il devient duc et pair du royaume de France deux ans plus tard et Louis XV le fait maréchal de France en 1734. Il fait reprendre les travaux de modernisation du château de Biron. Tout au long du XVIIIe siècle, des travaux d’aménagements sont faits dans les vieilles parties du château.
Pendant la Révolution française, le château est saccagé mais reste en possession de la famille Gontaut Biron. En 1798, Charles Antoine de Gontaut Biron meurt sans descendance, ce qui marque la fin de la branche aînée de la famille. C’est la branche Saint-Blanquart qui hérite du château. Au cours du XIXe siècle, les vieux édifices sont réparés comme la Tour Anglaise et la tour sud-est. La double chapelle est également rénovée.
Le château de Biron au XXe siècle
En 1938, la famille Cooper-Royer achète le château. Finalement, c’est le département de la Dordogne qui le rachète en 1978. Il est cependant en très mauvais état, notamment à cause de violents orages de grêles en 1974. Le département ainsi que l’association des « Amis du château de Biron » obtiennent de l’argent afin de faire un important travail de restauration après quoi il ouvre au public.








