Site particuliĂšrement dense en matiĂšre de patrimoine et dâhistoire, Rubrouck est, comme en tĂ©moignent Ă la fois son nom et les noms des rues, un village oĂč la langue flamande est encore vivante. Quelques pierres gravĂ©es au pourtour de lâĂ©glise attestent Ă©galement de cet hĂ©ritage. Dans ââRubrouckââ, le mot flamand brouck dĂ©note que le village fut autrefois une «terre marĂ©cageuse». Le mot ancien ru ou ruw signifie «broussailleux». Ces termes nous enseignent que Rubrouck Ă©tait jadis un territoire de marais parsemĂ© dâĂ©pineux.
Une paroisse organisĂ©e y apparaĂźt dĂšs le dĂ©but du XIIe siĂšcle lorsque la dĂźme de lâĂ©glise est confirmĂ©e par le pape Calixte
II en faveur de lâabbaye Notre-Dame de Bourbourg. Une part considĂ©rable des terres de Rubrouck relĂšve de la juridiction du souverain, comte de Flandre ou seigneur de Cassel, puis du roi dâEspagne et Ă partir de 1678 (date du traitĂ© de NimĂšgue), du roi de France. Une autre partie du territoire dĂ©pend des seigneuries particuliĂšres, comme par exemple celles de la Clytte ou de Belhof. Il y eut une famille noble du nom de Rubrouck, dont on perd toute trace au XIVe siĂšcle. Village du Houtland (pays au bois), Rubrouck est situĂ© Ă proximitĂ© de lâancien rivage, Ă quelques kilomĂštres de
la zone de polder, dite du Blootland (pays nu) conquise sur la mer à la fin du premier millénaire. Patrie de FrÚre
Guillaume, auteur dâun pĂ©riple au coeur de lâempire mongol de Gengis Khan du XIIIe siĂšcle, le village est ainsi aujourdâhui jumelĂ© avec ce pays. Il a Ă©galement su prĂ©server, Ă lâĂ©cart des routes frĂ©quentĂ©es, un cadre typique et son habitat traditionnel. LâĂ©glise massive est encore, comme dans un Ă©crin, entourĂ©e de son cimetiĂšre bordĂ© dâune haie dâessences locales. Les haies bocagĂšres et les chĂȘnes centenaires marquent le paysage, les jardins sâinvitent au centre du village.



