Dans les annĂ©es 1900, un ormeau ombrageait la place. De nombreux petits commerces l’entouraient. Les maisons de notables Ă©taient dĂ©jĂ bien dĂ©gradĂ©es mais on allait toujours chercher l’eau Ă la vieille fontaine…
UNE PLACE AU COEUR DE LA VILLE
SituĂ©e au quartier Royère, elle date de la première extension de la ville des XIIe-XIIIe siècles. C’est le cĹ“ur de la Vieille Ville. L’origine de son nom reste inconnue. Au Moyen-Ă‚ge, c’est ici que coule la seule source de la ville, eau miraculeuse Ă l’origine de la citĂ©. Il semble qu’il n’y ait jamais eu d’ange sur la fontaine, ou ailleurs sur la place, hypothèse pourtant chère aux Pertuisiens.
Le four banal de l’Ange, oĂą la population devait faire cuire son pain, ainsi que l’un des cinq moulins Ă huile, se trouvaient Ă proximitĂ© : le four, Ă l’arrière de la maison des Consuls, le moulin, au dĂ©but de la rue Fontaine.
Ă€ la fin du XVIIIe siècle, la vue en perspective montre une place animĂ©e, aux façades bien ordonnancĂ©es. Il n’en subsiste que quelques exemples.
LA MAISON DITE DES CONSULS
Avec son bossage d’angle et sa niche Ă saint en cul-de-four, cette maison de notable aurait Ă©tĂ© construite au XVIIe siècle par la famille Spigoni ou Espagne qui donna Ă la ville de nombreux consuls.
Ses façades ont Ă©tĂ© remaniĂ©es au XVIIIe siècle, ses croisĂ©es remplacĂ©es par de larges fenĂŞtres surmontĂ©es d’arcs segmentaires. On remarquera la très belle porte d’origine encadrĂ©e de deux tĂŞtes sculptĂ©es et son imposte ornĂ©e d’une grille en fer forgĂ©.
LA FONTAINE
La plus ancienne fontaine de la ville est la seule source Ă l’intĂ©rieur des remparts. La deuxième source, dite de « l’Aubarestière » (1), Ă©tait situĂ©e place de la Diane. Au dĂ©but du XVIème siècle, l’eau est insuffisante pour la population, en forte augmentation. Le conseil de ville dĂ©cide de dĂ©river l’eau de l’abondante Font de Viade qui sourd Ă la limite des terroirs de Pertuis et de la Tour d’Aigues. Cela n’alla pas sans contestation armĂ©e des Tourrains !
Un arbitrage dut alors intervenir et le seigneur de la Tour d’Aigues, François de Boliers, ne cĂ©da l’eau de Viade que contre 200 coupes (2) « de bon et vieux vin rouge » !
En 1509, la fontaine de l’Ange est reconstruite. L’Ă©tat actuel date de 1620 : bassin octogonal, urne godronnĂ©e (3) au centre dont les quatre masques, usĂ©s par le temps, dĂ©versent l’eau.
LA MAISON DITE DE FRANCOIS 1ER
Le 5 octobre 1522, après l’invasion de la Provence par Charles Quint, François 1er en route pour l’Italie aurait Ă©tĂ© accueilli dans cette demeure.
C’est Antoine de Chabert, syndic de Pertuis, qui prĂ©senta au roi les requĂŞtes de la ville tendant Ă obtenir rĂ©paration des dommages subis pendant la guerre.
Le roi accéda à toutes ces demandes et le nom de François 1er resta dès lors attaché à la maison des de Chabert.
La maison actuelle, Ă l’angle de la rue Saint-Pierre, fut Ă©difiĂ©e plus tard, Ă la fin du XVIème siècle, par l’un des descendants de cette famille.
Les croisĂ©es Ă meneaux de la façade principale, place de l’Ange se devinent encore. Un imposant cordon moulurĂ©, soutenu par des consoles Ă feuilles d’acanthe, souligne le 1er Ă©tage. Mais c’est le portail monumental de la rue St-Pierre de style maniĂ©riste, très semblable Ă celui de la maison dite de la Reine Jeanne, qui Ă©voque l’ancienne richesse de cette demeure.
(1) Aire de tir Ă l’arbalète
(2) 50hl, 1 coupe = 25 l
(3) Godron : ornement de forme ovale allongée





