Situé au cœur de la cité ardéchoise de Joyeuse, le château domine un territoire dont les racines plongent loin dans le Moyen Âge. La ville, ancienne place forte des Cévennes, conserve d’ailleurs les traces de ses premières défenses, comme les remparts édifiés en 1381 et encore visibles sur la place de la Brèche.C’est sur l’emplacement d’un ancien fort que Jean de Saint-Sauveur, vicomte de Joyeuse, entreprend vers 1540 l’édification du château. Cette demeure devient le berceau de la lignée des Joyeuse, notamment de Guillaume II puis d’Anne de Joyeuse, figures marquantes de cette illustre famille. La chapelle actuelle de l’église, dédiée à Notre-Dame-de-Pitié, en était à l’origine la chapelle seigneuriale ; elle renferme encore la tombe de Guillaume 5, évêque d’Aleth.De l’édifice d’origine ne subsiste aujourd’hui qu’une aile tournée vers le nord ; l’autre fut détruite entre la Révolution et le début du XIXᵉ siècle. Malgré ces pertes, le château conserve une architecture Renaissance remaniée au XIXᵉ siècle, période durant laquelle sa cour — la Brèchette — fut agrandie grâce à la création de trois grands arceaux empiétant sur la place voisine.Le domaine passa au fil des siècles entre les mains de nombreux propriétaires, principalement au sein des branches de la famille de Joyeuse puis de la maison de Lorraine. S’y succédèrent notamment Guillaume de Joyeuse, son fils Anne, puis Henri et Catherine de Joyeuse. Par héritages successifs, le château revint ensuite à plusieurs membres de la lignée lorraine, jusqu’à Charles-François de Lorraine-Commercy, dont les biens furent confisqués par Louis XIV. En 1694, le domaine fut attribué à Élisabeth de Lorraine, princesse d’Épinoy, avant de revenir, au XVIIIᵉ siècle, à la famille de Rohan-Soubise. La dernière propriétaire noble, la comtesse de Marsan, le vendit en 1788 à Cerice de Vogüé.Transformé au fil du temps, le château servit tour à tour de prison, de caserne, de centre administratif et même d’école. Partiellement démoli au XIXᵉ siècle, il conserva néanmoins des éléments architecturaux remarquables — corps de logis, tourelle, pavillons — ainsi que divers témoignages de son passé, tels qu’un portrait du cardinal de Joyeuse ou d’anciens fauconneaux.Inscrit aux monuments historiques depuis 1988, l’édifice connaît aujourd’hui une nouvelle vie : il abrite un pôle culturel dynamique où se tiennent régulièrement des expositions consacrées à l’histoire, au patrimoine ou encore au dessin d’humour. Ainsi, ce château devenu témoin privilégié de l’évolution de Joyeuse continue de faire vivre la mémoire de cette cité aux racines profondément ancrées dans l’histoire ardéchoise.
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