Joyeuse comptait six portes donnant accès à la ville.
La porte de Jalès qui permettait le seul accès au castrum jusqu’au XIV° siècle, est une des deux portes encore relativement intactes.
Il s’agit d’une construction qui avait triple portes voûtées et fermées par des armatures en fer encore visibles ; sa construction est datée du XIII° siècle, c’est à dire qu’elle existait avant l’édification des remparts de la ville autorisée en 1381.
Initialement construite en chemin de ronde, la rue de Jalès est la seule rue du castrum dont le linéaire n’a jamais subi de modifications significatives. Elle doit son nom à la commanderie de Jalès située à une dizaine de kilomètres au sud de Joyeuse, sur un monticule de la plaine de Berrias.
Cette ancienne commanderie, mise en place vers 1140 par les Templiers, étendit rapidement son temporel sur une zone géographique importante, dont Joyeuse, au nord, semble une limite du domaine. Après 1307, lorsque l’ordre des Templiers fut supprimé, la commanderie passa aux Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem. La commanderie possédait dès le haut moyen-âge d’importants biens sur Joyeuse.
Les maisons qui bordent la rue de Jalès, côté sud, ont été construites sur le rempart et sont particulièrement hautes : deux niveaux sur la rue de Jalès, cinq niveaux sur la rue du docteur Pialat, ancienne rue Reiremur (qui signifie derrière les murs). La rue débute à l’Est par la porte de Jalès, entrée du castrum pour ceux qui venaient du sud-Est de Joyeuse. Longue d’une centaine de mètres, elle se termine à l’ouest par un passage couvert qui donnait accès à la basse-cour en surplombant la rue du docteur Pialat qui était à l’origine un fossé, défense naturelle du castrum. Depuis le passage couvert, sorte de porte interne au castrum, débouchant sur la placette saint Georges, on pouvait, en longeant le fossé, accéder à l’église par une rampe (aujourd’hui escaliers menant à l’église). Deux maisons, (celles construites sur le passage couvert) présentent des types de façades d’époque moderne. On y perçoit, côté rue du docteur Pialat, l’ordonnancement de fenêtres meneaux en travées (renaissance). Côté rue de Jalès, on note la présence de tourelles, de façades et escaliers médiévaux.
Comme pour toute la vieille ville, de nombreux vestiges d’époque moderne saupoudrent la rue de Jalès, notamment en réemplois de linteaux taillés.
