Située à Marennes-Hiers-Brouage, la citadelle de Brouage est l’un des ensembles fortifiés les plus remarquables de la façade atlantique française. Ancien port de commerce du sel devenu place militaire stratégique, Brouage occupe une place importante dans l’histoire économique et politique de l’Ouest de la France entre le XVIe et le XVIIe siècle.
Aujourd’hui entourée de marais, la cité fortifiée conserve encore une grande partie de ses remparts et témoigne du rôle majeur qu’elle joua durant les guerres de Religion et dans l’organisation du littoral atlantique français.
La fondation de Brouage au XVIe siècle
La ville de Brouage est fondée en 1555 par Jacques de Pons sous le nom de Jacopolis-sur-Brouage. Son objectif initial est de développer le commerce du sel, ressource essentielle à l’époque pour la conservation des aliments.
La région possède alors d’importants marais salants qui alimentent un commerce maritime prospère. Grâce à sa situation en bordure de l’océan Atlantique, Brouage devient rapidement un port actif fréquenté par des marchands français et étrangers.
La cité est construite sur un dépôt de lest accumulé par les navires venant charger le sel. Ce contexte explique le développement rapide de la ville au cours de la seconde moitié du XVIe siècle.
Un port stratégique pendant les guerres de Religion
À la fin du XVIe siècle, le contexte politique et religieux transforme profondément la vocation de Brouage. Durant les guerres de Religion, le pouvoir royal cherche à renforcer sa présence catholique sur la côte atlantique face à la puissance protestante de La Rochelle.
En 1578, le roi Henri III rebaptise la ville « Brouage » et en fait un port de guerre catholique destiné à concurrencer La Rochelle. La cité devient alors une véritable place forte militaire.
Ses remparts, bastions et ouvrages défensifs sont progressivement renforcés afin de protéger le port et de contrôler les accès maritimes de la région.
Une grande place forte du royaume de France
Au XVIIe siècle, Brouage atteint son apogée militaire. La ville fortifiée joue un rôle important dans la défense du littoral atlantique français.
La citadelle est modernisée selon les principes de l’architecture bastionnée, avec de puissants remparts entourant l’ensemble urbain. Sa position stratégique permet de surveiller les voies maritimes et les marais environnants.
Cependant, l’évolution du littoral et l’envasement progressif du port réduisent peu à peu son importance commerciale et militaire. À mesure que la mer se retire, Brouage perd progressivement son accès direct aux grands navires.
Samuel de Champlain et la Nouvelle-France
Brouage est également associée à la figure de Samuel de Champlain, considéré comme le fondateur de Québec et l’un des principaux artisans de la Nouvelle-France.
Bien que les historiens ne disposent pas d’une certitude absolue concernant son lieu de naissance, Brouage est traditionnellement présentée comme sa ville natale. Cette relation historique contribue aux liens culturels entretenus entre Brouage et le Canada francophone.
Les marais de Brouage
Autour de la citadelle s’étendent de vastes marais qui constituent un paysage emblématique de la région. Ces espaces ont longtemps été exploités pour la production de sel avant d’être progressivement reconvertis vers d’autres activités agricoles et naturelles.
Les marais et la place forte de Brouage ont intégré en 1989 le réseau des Grands Sites de France, reconnaissant leur intérêt patrimonial et paysager exceptionnel.
Depuis 2011, la commune appartient également au réseau « Villages de pierres et d’eau », qui valorise les sites historiques situés au bord de milieux aquatiques remarquables.
Brouage aujourd’hui
La citadelle constitue aujourd’hui un important site patrimonial et touristique. Ses remparts, ses portes fortifiées et son tracé urbain témoignent encore de la puissance de cette ancienne ville portuaire et militaire.
À travers son histoire, Brouage illustre l’évolution des grands ports atlantiques français, passés du commerce maritime à la fonction défensive, avant de devenir des lieux majeurs de mémoire historique.





