Cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat

Informations

Visiter ce site culturel

La cathédrale se visite gratuitement tous les jours, en dehors des heures des offices. Sarlat-la-Canéda est surnommée la capitale du Périgord Noir, une des quatre régions traditionnelles qui composent le Périgord. C’est une ville emblématique de la région pour son centre médiéval et renaissance. Elle compte de nombreux monuments historiques classés et parmi eux sa cathédrale : La cathédrale Saint-Sacerdos.

Coordonnées

Place du Peyrou, 24200 Sarlat-la-Canéda

Histoire

Les origines de l’abbaye

La ville de Sarlat a été construite au Moyen Âge autour d’une abbaye bénédictine : Saint-Sauveur de Sarlat. On ne connaît pas la date exacte de sa création. L’historien Jean Maubourguet estime que c’est le roi d’Aquitaine Pépin qui l’a créé dans la première moitié du IXe siècle. Au fil du temps l’abbaye a prospéré grâce aux reliques qu’elle a récupéré : un morceau de la vraie croix, le corps de Saint-Sacerdos… Cette dernière est arrivée à Sarlat au XIIe siècle. En effet, en 1125 l’évêque de Cahors cède l’église de Calviac, dans laquelle Saint-Sacerdos reposait, à l’abbé de Sarlat. C’est à cette période que le culte de Saint-Sacerdos s’associe au culte du Saint-Sauveur à l’abbaye.

L’Age d’or de l’abbaye

L’arrivée de cette relique majeure pourrait correspondre au début du chantier roman de l’abbaye. Ils achevèrent probablement le chantier entre 1153 et 1170. Ces deux dates correspondent à des bulles papales (acte scellé du pape) qui protègent et confirment les privilèges de l’abbaye.
L’abbaye atteint son apogée entre 1150 et 1250 où il y avait cent moines. Elle jouissait d’une position stratégique importante permettant de contrôler les zones de transitions entre les diocèses de Périgueux, Cahors et Agen. La ville de Sarlat va profiter de cette position pour se développer et devenir importante dans la région. Après 1250, l’abbé qui est le seigneur de la ville perd du pouvoir face aux officiers civils, ce qui marque le début d’un court déclin de l’abbaye.

La naissance de l’évêché de Sarlat

Toutefois, l’abbaye regagne de son prestige en 1317. L’abbé de Sarlat, Raymond de Roquecorne, est nommé évêque du nouveau diocèse éponyme par le pape Jean XXII. Le nouvel évêque doit organiser le diocèse : définir les archiprêtrés, établir le chapitre cathédral, un groupe de prêtres qui ont des fonctions liturgiques et administratives importantes autour de l’évêque.
Cependant, les difficultés financières empêchèrent les évêques qui se succèdent de construire une cathédrale à la place de l’abbaye qui a été réduite à cinquante moines. Par la suite, la guerre de Cent Ans dans la seconde moitié du XIVe siècle et le déclin économique et démographique qu’elle provoque empêche d’entreprendre de grands travaux. Tout de même, on répare la chapelle qui jouxte le cloitre en 1355 et on reconstruit l’église paroissiale Saint Marie à partir de 1365. La construction s’achève en 1507.

L’impossible construction de la cathédrale au XVIe siècle

En 1504, sous l’impulsion de l’évêque Armand de Gontaud-Biron, le chantier de la cathédrale commence avec la destruction de la nef romane. Les premières pierres des chapelles autour du cœur de l’édifice sont posées en 1505. Cependant, les travaux s’arrêtent à nouveau en 1520. En effet, Armand de Gontaud-Biron, devenu archevêque de Nazareth, s’était approprié les revenus du doyenné d’Issigeac. Le chapitre, qui ne comptait plus que quatorze membres, ne peut plus assurer la construction de la cathédrale. Il faut attendre 1530 pour que la construction reprenne au terme d’un procès entre le chapitre de Sarlat et Armand de Gontaud-Biron. Ce dernier dut verser 660 livres par an pour continuer la construction de la cathédrale.En 1546, le chapitre de Sarlat entame un nouveau procès contre Nicolas Gaddi, évêque de Sarlat, qui n’avait pas accordé les aides promises pour la construction. Ce procès se conclut à l’amiable et le chapitre obtient un nombre important d’ornements liturgiques. En 1561, le chapitre de Sarlat se sécularise. Cela signifie qu’il ne forme plus une communauté religieuse et ne vivent plus selon les règles monastiques
Peu après, ce sont les guerres de religion qui vont empêcher la reprise des travaux. En effet, en 1574, les protestants occupent Sarlat. Ils pillent la cathédrale et tuent plusieurs religieux. En 1587, la ville subit un nouveau siège. Elle se soumet finalement à Henri IV en 1594.

La conclusion de deux siècles de travaux.

En 1680, l’évêque François II de Salignac conclut un accord avec le chapitre pour le financement de la cathédrale. Ainsi, en 1682, les travaux reprennent. En 1706, la cathédrale est pratiquement achevée. Cependant, les travaux, les malheurs ne s’arrêtent pas. En 1721, la flèche du clocher qui avait été foudroyée est remplacée par la flèche en forme de bulbe qui existe encore aujourd’hui.
Pour les aménagements intérieurs, c’est l’évêque Henri-Jacques de Montesquiou qui fit installer l’orgue, la tribune et le buffet dans la cathédrale entre 1736 et 1752. Ainsi c’est au milieu du XVIIIe siècle que la cathédrale est pleinement achevée.

La cathédrale pendant l’époque contemporaine

Les révolutionnaires suppriment le chapitre en 1790. La mairie et le siège du district de Sarlat s’installe dans l’ancien palais épiscopal tandis que la cathédrale devient un temple décadaire. Les autorités ont revendu les biens de l’évêché et utilisé les bâtiments pour diverses tâches, comme fabriquer des armes. Lors du Concordat de 1801, on intègre le diocèse de Sarlat et celui de Périgueux au diocèse d’Angoulême. Et quand, en 1818, le diocèse de Périgueux fut rétabli, il englobait celui de Sarlat.
Au cours du XIXe siècle le bâtiment s’abîme notamment à cause de grandes montées des eaux. Malgré son classement aux Monuments historiques en 1840, l’État n’a accordé aucun financement pour les importants travaux de rénovation nécessaires. Il faut attendre 1891 pour que l’État accepte de financer la restauration de la cathédrale alors dans un très mauvais état. De nombreux travaux furent ainsi entrepris au cours du XXe siècle notamment grâce à l’architecte Yves-Marie Froidevaux qui cherchait à mieux valoriser cette cathédrale que le temps n’avait pas épargné.

La cathédrale aujourd’hui

La cathédrale de Sarlat-la-Canéda, bâtie sur les vestiges d’une abbaye romane, a connu de nombreuses transformations. On peut encore y admirer des éléments romans, témoins de son passé, notamment une partie du clocher du XIIᵉ siècle. Cependant, l’essentiel de l’édifice relève du style gothique. La nef voûtée, construite entre 1683 et 1685, illustre cette évolution et montre la grandeur actuelle de la cathédrale.

Médias

Il n'y a pas de visite virtuelle pour l'instant.