Les origines de l’abbaye
La ville de Sarlat a Ă©tĂ© construite au Moyen Ă‚ge autour d’une abbaye bĂ©nĂ©dictine : Saint-Sauveur de Sarlat. On ne connaĂ®t pas la date exacte de sa crĂ©ation. L’historien Jean Maubourguet estime que c’est le roi d’Aquitaine PĂ©pin qui l’a créé dans la première moitiĂ© du IXe siècle. Au fil du temps l’abbaye a prospĂ©rĂ© grâce aux reliques qu’elle a rĂ©cupĂ©rĂ© : un morceau de la vraie croix, le corps de Saint-Sacerdos… Cette dernière est arrivĂ©e Ă Sarlat au XIIe siècle. En effet, en 1125 l’évĂŞque de Cahors cède l’église de Calviac, dans laquelle Saint-Sacerdos reposait, Ă l’abbĂ© de Sarlat. C’est Ă cette pĂ©riode que le culte de Saint-Sacerdos s’associe au culte du Saint-Sauveur Ă l’abbaye.
L’Age d’or de l’abbaye
L’arrivée de cette relique majeure pourrait correspondre au début du chantier roman de l’abbaye. Ils achevèrent probablement le chantier entre 1153 et 1170. Ces deux dates correspondent à des bulles papales (acte scellé du pape) qui protègent et confirment les privilèges de l’abbaye.
L’abbaye atteint son apogée entre 1150 et 1250 où il y avait cent moines. Elle jouissait d’une position stratégique importante permettant de contrôler les zones de transitions entre les diocèses de Périgueux, Cahors et Agen. La ville de Sarlat va profiter de cette position pour se développer et devenir importante dans la région. Après 1250, l’abbé qui est le seigneur de la ville perd du pouvoir face aux officiers civils, ce qui marque le début d’un court déclin de l’abbaye.
La naissance de l’évêché de Sarlat
Toutefois, l’abbaye regagne de son prestige en 1317. L’abbé de Sarlat, Raymond de Roquecorne, est nommé évêque du nouveau diocèse éponyme par le pape Jean XXII. Le nouvel évêque doit organiser le diocèse : définir les archiprêtrés, établir le chapitre cathédral, un groupe de prêtres qui ont des fonctions liturgiques et administratives importantes autour de l’évêque.
Cependant, les difficultĂ©s financières empĂŞchèrent les Ă©vĂŞques qui se succèdent de construire une cathĂ©drale Ă la place de l’abbaye qui a Ă©tĂ© rĂ©duite Ă cinquante moines. Par la suite, la guerre de Cent Ans dans la seconde moitiĂ© du XIVe siècle et le dĂ©clin Ă©conomique et dĂ©mographique qu’elle provoque empĂŞche d’entreprendre de grands travaux. Tout de mĂŞme, on rĂ©pare la chapelle qui jouxte le cloitre en 1355 et on reconstruit l’église paroissiale Saint Marie Ă partir de 1365. La construction s’achève en 1507.
L’impossible construction de la cathédrale au XVIe siècle
En 1504, sous l’impulsion de l’évĂŞque Armand de Gontaud-Biron, le chantier de la cathĂ©drale commence avec la destruction de la nef romane. Les premières pierres des chapelles autour du cĹ“ur de l’édifice sont posĂ©es en 1505. Cependant, les travaux s’arrĂŞtent Ă nouveau en 1520. En effet, Armand de Gontaud-Biron, devenu archevĂŞque de Nazareth, s’était appropriĂ© les revenus du doyennĂ© d’Issigeac. Le chapitre, qui ne comptait plus que quatorze membres, ne peut plus assurer la construction de la cathĂ©drale. Il faut attendre 1530 pour que la construction reprenne au terme d’un procès entre le chapitre de Sarlat et Armand de Gontaud-Biron. Ce dernier dut verser 660 livres par an pour continuer la construction de la cathĂ©drale.En 1546, le chapitre de Sarlat entame un nouveau procès contre Nicolas Gaddi, Ă©vĂŞque de Sarlat, qui n’avait pas accordĂ© les aides promises pour la construction. Ce procès se conclut Ă l’amiable et le chapitre obtient un nombre important d’ornements liturgiques. En 1561, le chapitre de Sarlat se sĂ©cularise. Cela signifie qu’il ne forme plus une communautĂ© religieuse et ne vivent plus selon les règles monastiques
Peu après, ce sont les guerres de religion qui vont empêcher la reprise des travaux. En effet, en 1574, les protestants occupent Sarlat. Ils pillent la cathédrale et tuent plusieurs religieux. En 1587, la ville subit un nouveau siège. Elle se soumet finalement à Henri IV en 1594.
La conclusion de deux siècles de travaux.
En 1680, l’évĂŞque François II de Salignac conclut un accord avec le chapitre pour le financement de la cathĂ©drale. Ainsi, en 1682, les travaux reprennent. En 1706, la cathĂ©drale est pratiquement achevĂ©e. Cependant, les travaux, les malheurs ne s’arrĂŞtent pas. En 1721, la flèche du clocher qui avait Ă©tĂ© foudroyĂ©e est remplacĂ©e par la flèche en forme de bulbe qui existe encore aujourd’hui.
Pour les aménagements intérieurs, c’est l’évêque Henri-Jacques de Montesquiou qui fit installer l’orgue, la tribune et le buffet dans la cathédrale entre 1736 et 1752. Ainsi c’est au milieu du XVIIIe siècle que la cathédrale est pleinement achevée.
La cathédrale pendant l’époque contemporaine
Les révolutionnaires suppriment le chapitre en 1790. La mairie et le siège du district de Sarlat s’installe dans l’ancien palais épiscopal tandis que la cathédrale devient un temple décadaire. Les autorités ont revendu les biens de l’évêché et utilisé les bâtiments pour diverses tâches, comme fabriquer des armes. Lors du Concordat de 1801, on intègre le diocèse de Sarlat et celui de Périgueux au diocèse d’Angoulême. Et quand, en 1818, le diocèse de Périgueux fut rétabli, il englobait celui de Sarlat.
Au cours du XIXe siècle le bâtiment s’abîme notamment à cause de grandes montées des eaux. Malgré son classement aux Monuments historiques en 1840, l’État n’a accordé aucun financement pour les importants travaux de rénovation nécessaires. Il faut attendre 1891 pour que l’État accepte de financer la restauration de la cathédrale alors dans un très mauvais état. De nombreux travaux furent ainsi entrepris au cours du XXe siècle notamment grâce à l’architecte Yves-Marie Froidevaux qui cherchait à mieux valoriser cette cathédrale que le temps n’avait pas épargné.
La cathédrale aujourd’hui
La cathédrale de Sarlat-la-Canéda, bâtie sur les vestiges d’une abbaye romane, a connu de nombreuses transformations. On peut encore y admirer des éléments romans, témoins de son passé, notamment une partie du clocher du XIIᵉ siècle. Cependant, l’essentiel de l’édifice relève du style gothique. La nef voûtée, construite entre 1683 et 1685, illustre cette évolution et montre la grandeur actuelle de la cathédrale.








