Le col de la Bernatoire est depuis trois millĂ©naires, le théâtre d’une aventure extraordinaire. Chaque annĂ©e, des Ă©leveurs espagnols de la vallĂ©e de Broto rejoignent la France avec plus de mille tĂŞtes de bĂ©tail en franchissant ce col de près de 2270 mètres d’altitude. Que ce soit en Aragon (Espagne) ou en France, l’estive est pour l’éleveur la continuitĂ© de son exploitation. Leur gestion depuis la nuit des temps, rĂ©pond Ă la fois Ă un besoin Ă©conomique et Ă une exigence naturelle : la pousse de l’herbe. Ainsi, le troupeau suit l’herbe et tout est question de gestion de l’herbe. Les aragonais viennent en France, tout simplement parce que jadis les pastoraux ne connaissaient pas de frontières administratives. Seule l’herbe dictait leur conduite. Moderne avant l’heure ou tout simplement protecteurs naturels de leurs territoires, les Ă©leveurs pyrĂ©nĂ©ens font de l’agriculture / de l’Ă©levage raisonnĂ© depuis bien longtemps. Ces droits de pacages de part et d’autre de ce qui s’appelle aujourd’hui « la frontière » sont l’application des lies et passeries c’est-Ă -dire des accords passĂ©s entre les communautĂ©s rurales des vallĂ©es espagnoles et françaises. Ce sont, en fait des sortes de traitĂ©s de paix perpĂ©tuelle entre ruraux. Ces accords règlent l’usage des bois, des eaux et des pâturages. Ils sont apparus autour de l’an 1000. Oraux aux dĂ©buts, ces accords deviennent Ă©crits Ă partir du 14ème siècle. Ces accords deviennent de plus en plus difficiles Ă renouveler avec les guerres successives entre Rois et finissent pratiquement par disparaitre sous l’Empire. Ils rĂ©apparaissent avec le traitĂ© de Bayonne, conclu le 2 dĂ©cembre 1856 et se poursuive de nos jours avec le plus grand bonheur de tous.
Sources : www.pyrenees-pireneus.com / www.pyrenees-parcnational.fr






