Les origines d’un château… (XIe- XIIe)
Les origines du château de Fougères remontent au XIe siècle. Le premier château est une motte castrale, une fortification construite au sommet d’un tertre. Typique du haut Moyen Âge, celui de Fougères est édifié sur un rocher et est alors fait de bois. Les premières mentions du lieu proviennent d’une charte de 1040-1045. Dans cette dernière, « Main », un chevalier rennais fonde le château. Ce sont réellement les fouilles du lieu s’étalant de 1985 à 1988 qui attestent le castrum. Celui-ci daterait ainsi de la fin du Xe ou au début du XIe siècle.
Au XIIe siècle, les tensions liées à la succession du duché touchent Fougères. Visiter la Bretagne : « La Bretagne : un duché anglais ? (XIIe-XIIIe) »). En 1166, le roi anglais et régent breton, Henri II Plantagenêt, détruit une première fois le château. Ce, en réponse au rapprochement entre Raoul II, le comte de Fougères (1150-1194) et la couronne française. Le comte aurait reconstruit le château vers 1173, intégrant la pierre comme matériau.
… en perpétuelle évolution (XIIIe-XIVe)
Par la suite, les remparts apparaissent dans les années 1240 alors qu’en 1256 les propriétaires changent. Nous passons du lignage des Fougères aux Lusignan. Cela a lieu à la suite du mariage de l’héritière des Fougères avec Hugues de Lusignan. Au milieu du siècle, une enceinte circulaire avec trois tours (Guémadeux, Hallay et de la Haye-Saint-Hilaire) renforce le château.
Continuellement, le château de Fougères est amélioré au fil des siècles à l’exemple du système de digues qui protège le lieu. Mais aussi comme l’enceinte urbaine fortifiée au XIVe siècle et englobant l’entrée de la forteresse. Au milieu du XIVe siècle, le comte d’Alençon devient propriétaire du château. Le lieu reste dans la famille royale jusqu’en 1428 puisque le comte était le frère du roi. Sous Marie d’Alençon un programme de travaux se préoccupe du logis alors que les remparts sont par la suite surélevés et la Tour Mélusine voit le jour (second donjon). Le château fait encore les frais de sa position puisque le connétable Bertrand du Guesclin l’assiège en 1373. Cette prise intervient lors de la reconquête de la Bretagne sous Charles V, lors de la guerre de Cent Ans. Visiter la Bretagne
Le château de Fougères, possession du duché de Bretagne (XVe)
En 1428, le duc d’Alençon, alors prisonnier, vend ses terres au duc de Bretagne, Jean V. Dès 1431 ce dernier aménage le château notamment avec la poterne et les tours d’Amboise (cf. voir la carte). Toujours en pleine guerre de Cent Ans, la ville subit un nouveau siège : c’est le siège de Fougères de 1449. En mars 1449, la ville est prise par surprise et est ensuite pillée et subit un déferlement de violences. Cette attaque prend forme lors de la trêve de Tours de 1444, elle-même issue de celle d’Arras en 1435. Le commandant de cette prise est François de Surienne l’Aragonais, serviteur de la monarchie anglaise depuis 1424. En effet, il semblerait que les Anglais avaient motivé la capture de Fougères, envisagée comme une monnaie d’échange. L’Angleterre était alors en difficulté sur le territoire français. La réponse du duc de Bretagne ne se fait pas attendre puisque dès septembre 1449 il siège Fougères. Les troupes du roi français (proche de lui) accompagnent son armée ducale. Une épidémie intervient lors du siège et l’Aragonais en manque de soutien anglais se rend le 4 ou 5 novembre 1449. Fougères sort appauvrie et détruite par les combats du siège : des travaux de reconstruction sont entrepris. Ce siège de Fougères marque un tournant dans la guerre de Cent Ans. Il illustre un éloignement entre Angleterre et Bretagne, la reprise de la guerre et un déclin anglais qui se poursuit.
La fin d’une forteresse (XVe-XVIe)
Avec l’apparition de l’artillerie au XVe siècle, le château en position de cuvette se voit menacé. C’est ainsi que sous le duc François II, des améliorations interviennent. Par exemple, au sud avec les tours Raoul et Surienne qui sont plus épaisses à la base. À la fin du XVe siècle on estime que 200 à 240 soldats stationnent dans la forteresse. En 1488, le château de Fougères subit un dernier assaut sous l’égide de Louis II de La Trémoille lors de la Guerre folle.
La Bretagne se voit ralliée au royaume de France en 1532, Visiter la Bretagne donc Fougères et son château perdent leur importance stratégique. La troisième enceinte est délaissée et le château exerce maintenant un rôle de garnison (stationnement de troupes).
Un château fort éteint ? (Époque contemporaine)
L’édifice traverse les siècles, en devenant par exemple à la fin du XVIIIe siècle une prison. Il vit même un autre temps fort au XIXe siècle avec la révolution industrielle. C’est ainsi que le château héberge une fabrique de chaussures et que la ville devient une capitale industrielle. Fougère connaît un essor au XIXe siècle et voit sa démographie doubler au tournant du XXe siècle. L’industrialisation se poursuit au XXe siècle et marque profondément la ville, notamment son urbanisme. L’une des capitales de la chaussure française a une part de marché importante sur le territoire national. En 1862 le château est classé au monument historique, la plus haute protection française, et la ville en devient propriétaire trente ans plus tard.
Fougères : un lieu clé
Dès l’époque romaine, le site qui est au croisement de trois routes romaines se veut stratégique. À l’époque médiévale Fougères se situe en Marche de Bretagne, ce qui renforce son importance. Au-delà de l’aspect géographique, le site naturel répond initialement aux besoins de défense : un rocher entouré d’un cours d’eau (Nançon) et de marais. Le château qui émerge au tournant de l’An Mil reflète les évolutions des siècles qu’il traverse et s’agrandit. C’est un lieu clé de la zone frontalière pour tenir la partie nord du duché de Bretagne. La forteresse est en effet sous la menace anglo-normande ou des territoires français à l’est. Les cinq sièges importants subis jusqu’en 1488 (cf. mentionnés + 1231 sous Saint Louis) révèlent et renouvellent de fait l’importance de la place. Néanmoins, le château de Fougères cesse d’être un lieu stratégique avec la réconciliation franco-bretonne au XVIe.

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