Cette charmante petite Ă©glise romane du 11e siĂšcle a eu la chance dâĂȘtre peu modifiĂ©e au cours des siĂšcles. Elle a gardĂ© son plan dâorigine avec sa nef unique rectangulaire. On y ajoute au 12e siĂšcle un chĆur plus Ă©troit dotĂ© dâune abside en cul de four, comme une petite chapelle arrondie.
LâĂ©glise et la cure appartenaient alors Ă lâAbbaye Toussaint dâAngers qui Ă©tablit sur le site un prieurĂ©. A lâĂ©poque fĂ©odale, la paroisse Ă©tait sur le fief du Seigneur des Rues, qui devait en assurer la protection.
A la fin du 18e siĂšcle, Jeanne-Rosalie de RougĂ©, dont la famille Ă©tait toujours Seigneur des Rues, finance des travaux importants : quatre ouvertures en plein cintre sont ouvertes pour Ă©clairer la nef. Des sacristies sont bĂąties de part et dâautre du chevet (câest-Ă -dire Ă lâextĂ©rieur du chĆur) et une nouvelle charpente est construite couverte de lambris peint en bleu et parsemĂ© dâĂ©toiles dorĂ©es Ă lâor fin. La plus importante modification concerne lâĂ©rection dâun clocher avec une flĂšche Ă six pans qui remplace le pignon en pierre sur lequel se trouvaient les cloches visibles de lâextĂ©rieur, comme lâon trouve encore dans quelques petites Ă©glises dâAnjou.
En 1903, câest toujours la famille de RougĂ© qui entreprend la rĂ©novation intĂ©rieure de lâĂ©glise : les murs de la nef sont plĂątrĂ©s et peints en fausse pierre tandis que le chĆur reçoit un dĂ©cor de draperies avec un ciel dâazur constellĂ© dâĂ©toiles dâor pour imiter la nef. Un maĂźtre autel et deux autels latĂ©raux voient le jour. Les vitraux, reprĂ©sentant les saints patrons de lâĂ©glise et des donateurs, sont exĂ©cutĂ©s par les ateliers Clamens dâAngers. Enfin des boiseries sont installĂ©es dans le chĆur ainsi que des stalles qui Ă©taient rĂ©servĂ©es traditionnellement aux hommes. La chaire date Ă©galement de cette Ă©poque.
La cloche qui se trouve au fond du chĆur se prĂ©nomme RenĂ©e en mĂ©moire de RenĂ© de RougĂ©, Seigneur des Rues. Elle date de 1644. Malheureusement fragile, elle fut descendue du clocher et placĂ©e dans le chĆur. Lâautre cloche restante dans le clocher sâappelle Augustine. Le clocher et la toiture furent restaurĂ©s en 1991 par la commune.
Ă l’extĂ©rieur, on remarquera sur certains murs une technique dâappareillage dite en « arĂȘte-de-poisson ». Ce type de scellement, datant de lâĂ©poque carolingienne permettait de mieux consolider les murs et de limiter leur affaissement. Cette technique se retrouve Ă©galement sur l’Ă©glise prĂ©-romane de SavenniĂšres qui est lâĂ©glise la plus ancienne dâAnjou.
Sur la partie supĂ©rieure de lâabside, une corniche, que lâon appelle en architecture un encorbellement, fait le tour du chevet. Vous pouvez admirer la quinzaine de corbeaux sculptĂ©s qui soutient cet encorbellement.
LâĂ©glise est inscrite aux Monuments Historiques depuis 1996.
Sur la place de lâĂ©glise, comme le veut la tradition, se trouvait lâancien cimetiĂšre. Celui-ci accueillait, y a plus de quatre siĂšcles, les joueurs de paumes et de quilles, jusquâĂ un interdit prononcĂ© en 1608 qui dĂ©place les cimetiĂšres hors des villages par soucis dâhygiĂšne.




