Installé à Loos-en-Gohelle, le musée Alexandre Villedieu rassemble une collection d’objets liés à la Première Guerre mondiale trouvés pour la plupart dans la commune.
Au musĂ©e Alexandre Villedieu, Ă Loos-en-Gohelle, le ton est donnĂ© dès la première salle, une affiche prĂ©vient : “Visiteur, souviens-toi que derrière chaque objet, il y avait un homme”. Gilles Payen, PrĂ©sident de l’association “Loos, sur les traces de la Grande Guerre” qui gère le musĂ©e, s’approche d’une vitrine : “LĂ , par exemple, c’est le coupe-papier de mon arrière-grand-père, il l’a taillĂ© lui-mĂŞme”. Le coupe-papier s’expose au milieu de centaines d’armes, de mĂ©dailles, de cartes, d’uniformes mais aussi de cuillères, de bouteilles,…C’est avec Ă©motion que l’on rĂ©alise qu’effectivement il y a cent ans tous ces objets Ă©taient dans les mains de soldats français, Ă©cossais, canadiens. Ah s’ils pouvaient parler… ! C’est ce que font Gilles Payen et les bĂ©nĂ©voles de l’association lors des visites : faire parler ces objets pour raconter l’histoire de la Grande Guerre Ă travers eux.
Le musĂ©e Alexandre Villedieu, fondĂ© par M. Duparcq en 1992, tire justement son nom du propriĂ©taire d’un de ces objets : un stylo de la marque Waterman, le premier stylo Ă rĂ©servoir Ă encre, ayant appartenu au soldat français Alexandre Villedieu et retrouvĂ© par un agriculteur au pied d’un terril : après 80 ans passĂ©s sous terre, il fonctionne toujours ! On imagine aisĂ©ment l’émotion de la dĂ©couverte…
Tous les objets présentés au musée ont été trouvés ou proviennent de dons : “Souvent, les gens nous les ramènent parce qu’ils ne peuvent pas se résoudre à jeter un pan de l’histoire, de leur histoire, alors on les accueille… mais bientôt on n’aura plus assez de place !”
Les objets viennent parfois de très loin : Loos a été le théâtre de trois batailles, ici les forces allemandes ont combattu les Français, les Britanniques et les Canadiens, alors l’association entretient des liens partout dans le monde avec les descendants des soldats. Les 12 et 13 octobre 2019, pour le Loos Sunday, le musée commémore la bataille de Loos, qui a débuté le 25 septembre 1915, l’occasion de s’immerger dans cette période de l’histoire à travers un défilé musical, des reconstitutions… Ne pas oublier ce qui s’est joué ici, conserver et transmettre la mémoire des soldats, sensibiliser les plus jeunes, c’est ce qui anime Gilles Payen et tous les membres de l’association “Loos, sur les traces de la Grande Guerre”.




