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La Bretagne, anciennement appelée Armorique, est le fruit d’une histoire longue et complexe, marquée par de multiples apports culturels et politiques. Des premières occupations préhistoriques aux bouleversements du XXe siècle, ce territoire s’est construit au gré des migrations, des conquêtes et des résistances. Tour à tour celtique, romaine, bretonne, française et ouverte sur le monde maritime, la péninsule a forgé une identité singulière. L’étude de son histoire permet ainsi de comprendre la richesse et la diversité de la Bretagne contemporaine.
Durant la Préhistoire, différentes civilisations enrichissent l’Armorique. Ce, dès le Paléolithique avec le foyer de Plouhinec (Finistère), vieux de 450 000 ans. Par la suite, au néolithique (6000-2200 av. J.-C.), des éleveurs/agriculteurs méditerranéens migrent vers la région. Ils marquent durablement le paysage breton en édifiant des mégalithes (à l’exemple du célèbre menhir).
Durant l’Antiquité, les Celtes sont un nombre important en Armorique, notamment aux IVe et IIIe siècles. Cela impacte considérablement la religion, la langue du territoire mais aussi la culture (figure du druide).
L’Empire romain entame sa conquête de la Gaule dès 125 av. JC. Il atteint, sous Jules César, les cités armoricaines et défait les armées gauloises en 57 av. JC. Cinq peuples occupaient alors la région : les Redones, les Namnètes, les Coriosolites, les Osismes et les Vénètes. En 27 av. JC, la Gaule, devenue romaine, se structure en trois provinces dont la Lyonnaise où se situe alors l’Armorique. Malgré certaines résistances, le modèle de Rome s’implante en Armorique avec des modifications urbaines (théâtres par exemple), l’apparition de villas romaines et l’affirmation des villes comme Rennes. Au-delà de l’urbanisme, la romanisation (concept d’adoption – forcée ou non – de la culture romaine) touche en profondeur et pendant plusieurs siècles la société armoricaine : langue, cultes, politique…
Au tournant du IVe siècle et du Ve siècle, l’Empire fragilisé aurait fait venir des Bretons (de Grande-Bretagne par opposition à la Petite-Bretagne) pour défendre son territoire gaulois de tribus germaniques. L’Armorique gagne par la suite en autonomie en devenant sous la domination de chefs de guerre. Intervient au VIe siècle, une seconde vague de peuplement, à contrario de la première migration étant militaire. Ces flux s’inscrivent dans une tradition d’échanges, notamment économiques, qui perdure depuis plusieurs siècles.
L’Armorique « pays à côté – ou face – de la mer » devient ainsi Bretagne au VIe siècle, lorsque ce processus de migrations manchoises prend fin. Trois entités composent alors le territoire : au nord la Domnonée, au sud-ouest la Cornouaille et au sud le Bro Waroch. Dans ces trois royaumes s’opère donc un mélange entre Gallo-romains et Bretons des îles Britanniques. Dès le Ve siècle, intervient une évangélisation (conversion au christianisme) particulière vis-à-vis des Francs (païens) du reste de la Gaule.
Dès le milieu du VIe siècle, les rapports entre Bretons et Francs se compliquent. En effet, le pouvoir franc revendique son autorité sur la Bretagne dans la continuité des Romains. Dans les années 580, nous observons plusieurs expéditions mérovingiennes en terre bretonne. Sous la dynastie suivante : les Carolingiens, le phénomène s’amplifie de 753 à 830. Par exemple, du roi Pépin le Bref qui s’empare de Vannes en 753. Ainsi, prend forme une « marche de Bretagne », une zone militaire ‘’tampon’’ et frontalière. Cette marche comprend les comtés de Vannes, de Rennes et de Nantes. La politique de conquête franque se concrétise avec Charlemagne qui soumet la Bretagne en 786 et en 811.
Cependant en 845 et 851, les souverains bretons Nominoë (x 851) et son successeur Erispoë (x 857) l’emportent face à Charles le Chauve. En 851, le roi franc signe le traité d’Angers avec le souverain breton. Ce dernier prévoit la rétrocession des comtés de Nantes, Rennes et du pays de Retz aux Bretons. Ce, en échange d’un hommage (de fidélité) fait au roi franc. Erispoë devient roi des Bretons et la Bretagne devient un royaume subordonné de la Francie. Durant ces IXe et Xe siècles, la Bretagne subit également des raids Vikings. Ils ravagent par exemple la ville de Nantes en 843 et pillent les abbayes comme celle de Landévennec en 913. Les attaques des hommes venus du nord cessent à Dol en 996.
De 1112 à 1148, le duc de Bretagne Conan III affermit son autorité. À sa mort en 1148, son titre revient à son petit-fils Conan (futur Conan IV), fils du premier mari de sa fille. Cependant, son second mari Eudon de Porhoët exerce le pouvoir à la place de l’héritier qui est trop jeune (régence). En 1154, Conan majeur doit affronter le nouveau mari de sa mère qui ne veut lui restituer ses droits. Il part donc en Angleterre auprès du roi Henri II Plantagenêt et revient en 1156. Il fait face en 1163 à des révoltes aristocratiques contre l’autorité du roi anglais. La paix revient en 1166, lorsque Henri II règle les contentieux liés à la succession : Conan IV, duc légitime, voit sa fille mariée au fils du roi, Geoffrey.
Jusqu’en 1181, Henri II gouverne en tant que régent sur la Bretagne et transmet ensuite le pouvoir à son fils Geoffrey qui meurt cinq ans plus tard. La mort du roi anglais en 1189 déclenche une nouvelle crise de succession entre les différents prétendants. En premier lieu, entre Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre (fils du roi), puis ce dernier avec Arthur (fils de Richard). Finalement, en 1203-4 s’achève la conquête des terres de Jean sans Terre qui redeviennent donc sous l’autorité française de Philippe Auguste. Après sa mort en 1223, le duché oscille à nouveau de 1227 à 1234 puis sous le duc Jean II (1286-1305).
En 1328, le royaume de France connaît une crise de succession majeure avec la guerre de Cent Ans. En effet, éclate une crise de légitimité du roi français Philippe VI, cousin de son prédécesseur choisi au détriment d’Édouard III, roi d’Angleterre et neveu du feu roi. Le duc de Bretagne Jean III, qui dépend par ses territoires des deux rois, refuse de prendre part au conflit. Il meurt en 1341 sans héritier.
La guerre de succession émerge donc entre le demi-frère du duc, Jean de Montfort, et sa nièce, Jeanne de Penthièvre. Le roi anglais défend le premier alors que le roi français défend la seconde. Le roi français invite son neveu Charles de Blois à reconquérir le duché alors dominé par Jean de Montfort. La Bretagne est donc un théâtre important de la guerre de Cent Ans dès 1341, à l’exemple de Rennes qui subit un siège en 1356-1357. Le traité de Brétigny de 1360 entre les deux royaumes belligérants prévoyait de résoudre la succession, en vain. Quatre ans plus tard Charles de Blois meurt donc Jean de Montfort, alors seul prétendant, devient duc de Bretagne. La guerre de succession bretonne se termine avec le traité de Guérande de 1365.
Néanmoins, en 1373, le connétable de France, Bertrand du Guesclin, contraint à l’exil Jean IV. Le roi français Charles V confisque officiellement le duché en 1378. En 1379, les Bretons se révoltent appelant au retour du duc et, l’année suivante, le roi français et son connétable décèdent. Ainsi, en 1381 est signé le deuxième traité de Guérande qui affirme la neutralité du duché.
À la fin du conflit dans les années 1450, les Bretons soutiennent l’armée française dans la reconquête du royaume face à l’Angleterre. François II, duc de Bretagne à partir de 1458, fait de Nantes sa capitale.
Dans la deuxième moitié du XVe siècle, les relations se tendent entre le royaume de France et le duché de Bretagne. Le roi Louis XI veut affermir son autorité sur la péninsule bretonne. Le duc François II se dresse contre lui et affirme son indépendance. De 1471 à 1473, les marches sont à nouveau un lieu d’affrontement entre les deux partis. La régente Anne de Beaujeu qui succède au roi à sa mort (en 1483) poursuit sa politique.
En 1487, lors de la Guerre folle, une armée française envahit la Bretagne. En 1488, après une nouvelle campagne, le duc François II signe le traité du Verger. Il affirme l’impossibilité de faire marier ses filles sans le consentement du roi, Charles VIII. La même année, le duc meurt donc Anne, sa fille, devient duchesse de Bretagne. Dès 1489, la guerre reprend et un traité prévoit le retrait des troupes royales. Mais en 1491, Rohan contrôle au nom du roi la Basse-Bretagne. La duchesse Anne épouse donc le roi la même année, lui cédant son autorité sur la Bretagne.
En 1498, le roi meurt, donc Anne de Bretagne rétablit son pouvoir sur le duché. Elle épouse l’année suivante le nouveau roi Louis XII (frère de Charles) tout en préservant cette fois-ci son duché. Leur fille Claude accepte néanmoins de léguer le duché à la couronne de France, par suite de son mariage avec le roi François Ier (1515-1547). L’édit de Plessis-Macé de 1532 entérine la liaison entre la France et la Bretagne.
Lors des guerres de Religion qui sévissent à la fin du XVIe siècle, la province de Bretagne est peu touchée, de même elle échappe aux massacres de la Saint-Barthélemy de 1572. Nantes adhère à la Ligue en 1576, une ligue catholique qui s’élève face au protestantisme. Le duc de Mercœur, nommé gouverneur de Bretagne en 1582, participe à la Ligue. En 1586, il prend Blain, le lieu majeur de protestantisme breton. Par la suite, la Ligue affirme sa mainmise sur la Bretagne en 1589 avec le contrôle de Rennes un temps. Henri III destitue le duc de Mercœur, qui soumet le parlement ; le roi meurt la même année. Nantes devient capitale de la Ligue bretonne et un parlement ligueur y émerge en 1590. Le duc de Mercœur affirme son pouvoir alors que des villes comme Rennes soutiennent Henri IV.
Dès 1593, la Ligue s’affaiblit dans la province bretonne, l’année suivante intervient le sacre d’Henri IV, donc certaines villes se rallient à lui à l’exemple de Saint-Malo. En 1598, le traité de paix entre le duc de Mercœur et Henri IV est achevé, la paix de Vervins est également signée avec l’Espagne qui avait pris part aux conflits au côté des ligueurs.
Au siècle suivant, la géographie de la Bretagne ouverte sur l’Angleterre et sur l’Atlantique prend de l’importance. En effet, la France s’investit dans le Nouveau Monde et entre en concurrence avec d’autres pays du vieux continent. C’est ainsi que Lorient voit la création de la Compagnie des Indes orientales en 1664 sous l’impulsion de Colbert. Cette dernière a un monopole du commerce et a pour intention d’étendre l’influence française vers l’orient. De plus, Nantes croit au XVIe siècle et devient au XVIIe siècle le port le plus important du royaume, un port sucrier et négrier tourné vers les Antilles. En effet, ce système emploie, à partir de la fin du XVIIe siècle, la traite négrière dans le cadre du commerce triangulaire pour exploiter les colonies. C’est ainsi qu’émergent à partir de 1670 les premières raffineries de sucre à Nantes.
Les guerres, comme celle de Hollande (1672-1678), marquent en Bretagne le règne de Louis XIV. Le financement de cette guerre par la promulgation d’édits et de taxes génère des protestations. En juin 1675, les « bonnets rouges » principalement de Basse-Bretagne se révoltent contre la taxe sur le papier timbré. Le pouvoir royal punit sévèrement la révolte et amnistie la province l’année suivante, en 1676.
Dans les années 1680, l’architecte Vauban réalise, dans la péninsule, des modifications défensives sur le littoral. Nous pouvons prendre l’exemple de Brest qui voit un programme d’aménagement en 1685. La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697) qui voit le royaume de France affronter l’Angleterre, l’Espagne et les Provinces-Unies touche davantage la Bretagne. C’est ainsi que Saint-Malo subit en 1693 et 1695 des assauts anglais. La plage de Camarat voit aussi une tentative de débarquement des Anglais en 1694.
Dans le courant des Lumières, Brest voit, en 1752, la fondation d’une Académie de marine. Mais aussi le départ de l’expédition de La Pérouse en 1785 commandée par Louis XVI. Au XVIIIe siècle, la Bretagne subit de nombreuses crises démographiques à partir de 1720. Elle voit également l’hostilité du parlement et des États de Bretagne face au pouvoir royal, à l’instar du procureur La Chalotais dans les années 1760.
Quand la Révolution française éclate en 1789, la Bretagne se présente donc déjà comme un territoire en lutte face aux excès du pouvoir royal. Lors de l’ouverture des États généraux, les députés bretons sont exclusivement du tiers état et du bas clergé. Ils fondent le club breton qui deviendra le club des Jacobins. Ce dernier perpétue ses actions et pensées jusqu’en 1794 et est par exemple à l’origine de l’abolition des droits féodaux.
Entre 1793 et 1794, la Bretagne se soulève contre la levée en masse et la domination montagnarde (révolte fédéraliste). Elle donne naissance au mouvement chouan : la chouannerie, guérilla royaliste et catholique. Face à cela, la répression républicaine est forte avec la Terreur, notamment sous Carrier. Ce dernier orchestre des noyades dans la Loire à Nantes (octobre 1793-janvier 1794). En 1794, le comte de Puisaye essaie de lier le mouvement en une « armée catholique et royale de Bretagne ». Après la chute de Robespierre la même année, une amnistie est accordée, en vain. Le pouvoir cherche l’apaisement avec la Paix de Mabilais en 1795 et tente d’éteindre l’insurrection. Malgré cela, les chouans continuent le combat. En 1796, la politique de tolérance permet une accalmie et la plupart des bandes déposent les armes. La même année, le général royaliste Charrette est fusillé à Nantes (29 mars)
Toutefois, la victoire électorale royaliste de 1797 provoque une réaction du pouvoir et une reprise de la chouannerie. Entre 1798 et 1800, la situation reste bloquée et les conscriptions ravivent l’insurrection. La situation est résolue à l’arrivée au pouvoir de Bonaparte, qui met un terme progressif au conflit. Cadoudal, personnage clé de la chouannerie, poursuit ses efforts en souhaitant enlever Bonaparte ; il est exécuté en 1804. Lors des Cent-Jours (retour de Napoléon) en 1815, une nouvelle chouannerie émerge.
En France, de profondes transformations notamment politiques et sociales interviennent au XIXe siècle. Ces dernières n’échappent pas à la Bretagne qui suit son cours et voit par exemple l’amélioration des moyens de transport. L’arrivée du chemin de fer à Nantes, s’effectue au milieu du siècle et se propage dans le reste de la Bretagne. À partir de 1806, s’entame également la construction du canal reliant Nantes à Brest.
Lors du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851, la Bretagne ne s’oppose pas. De même qu’en 1870, elle manifeste son accord pour la guerre franco-prussienne. Dès 1848, elle se situe majoritairement à droite de l’échiquier politique et ce, jusqu’au siècle suivant.
Enfin, ce siècle est aussi celui d’une Bretagne toujours ouverte sur la mer. À ce titre, Brest joue un rôle majeur dans les voyages transatlantiques de 1865 à 1873. L’activité halieutique, notamment avec les sardiniers est également d’importance. La première conserverie industrielle émerge à Nantes grâce à Joseph-Pierre Colin en 1822.
Au siècle suivant, la Grande Guerre (1914-1918), marque directement la péninsule. Sa localisation la place au cœur de la guerre sous-marine dès 1916, tout comme les arsenaux de Rennes et de Brest. De plus, l’importante distance du front n’épargne pas pour autant la Bretagne. Ainsi, 125 000 à 150 000 poilus bretons ont péri à l’issue du conflit mondial.
La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) touche davantage le territoire breton. Avec la guerre-éclair, les Allemands capturent, dès juin 1940, la Bretagne. Elle s’affiche comme un territoire clé face à la Manche et l’Atlantique (Alliés). Vichy collabore avec l’occupant allemand et quatre régions sont créées en Bretagne. De plus, Nantes est détachée de la Bretagne pour améliorer la gestion (juin 1941). La Bretagne, située sur le mur de l’Atlantique (fortifications dressées contre les Alliés), est aménagée comme un lieu stratégique. Lorient devient par exemple une base majeure du Reich avec sa base de sous-marins à Keroman. C’est ainsi que la Bretagne est marquée par l’Occupation, les bombardements et devient un lieu fort de Résistance.
Enfin, le XXe siècle est aussi celui de l’affirmation de l’identité bretonne. En août 1932, à Rennes, la destruction d’un monument rappelant l’union entre Bretagne et France s’illustre comme une puissante symbolique. Des attentats apparaissent également sous l’égide du nationaliste Célestin Lainé qui crée la société Gwenn ha Du. En 1966, le FLB (Front de libération de Bretagne) qui revendique des actions violentes, se crée. Dans les années 70, les autorités projettent d’interdire des groupes indépendantistes tels que le FLB, provoquant une augmentation des attentats. Des Nantais revendiquent également la volonté de réintégrer Nantes à la Bretagne, avec tout un enjeu historique. La Bretagne revendique donc progressivement sa culture et ses traditions et met en œuvre des moyens pour les préserver. L’apparition d’un CAPES breton en 1985 ou encore les nombreuses manifestations culturelles sont des exemples concrets.
La péninsule armoricaine bénéficie de châteaux aussi surprenants que contemplatifs : Fougères, l’une des plus grandes forteresses médiévales d’Europe, Suscinio, résidence des ducs de Bretagne, ou Vitré, symbole d’une puissante cité marchande fortifiée. Autant d’exemples qui révèlent la diversité et la richesse du patrimoine castral breton.
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Les paysages bretons ont été profondément façonnés dès le Néolithique. Menhirs, dolmens, alignements : autant de mégalithes qui nourrissent l’imaginaire et les légendes de la Bretagne.
L’identité de la Bretagne se distingue aussi par des villes et villages au caractère affirmé. Entre ports animés et bourgs de pierre, de Saint-Malo à Locronan, ces lieux typiques racontent une histoire façonnée par la mer, le commerce et les traditions locales.
