UN PEU D’HISTOIRE
Depuis des temps immĂ©moriaux, le site de Rocheplatte, proche de la voie antique reliant OrlĂ©ans Ă Reims, la fameuse voie Carnute, est un lieu privilĂ©giĂ© d’Ă©tape et d’observation.
Connu sous le nom de Seigneurie des Grèves, le château appartenait au dĂ©but du XIième siècle Ă Ingran de Pithiviers, arrière petit-fils d’Eudes, 1er Comte de Chartres et de Blois, compagnon et vassal du fondateur de la dynastie millĂ©naire des capĂ©tiens: Hugues Capet (941-996). La guerre de cent ans vit la ruine du dernier reprĂ©sentant de cette lignĂ©e qui dut cĂ©der sa seigneurie en 1430 Ă une importante famille de robe.
Après ĂŞtre passĂ©e en plusieurs mains, la Seigneurie des Grèves fut acquise en 1676 par une illustre famille d’OrlĂ©ans: les Colas des Francs de Marolles. Depuis maintenant plus de 330 ans, elle est passĂ©e de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration Ă leurs hĂ©ritiers: les Drouin de Bouville et de Rocheplatte, puis les La Rochefoucauld d’Estissac et enfin, les actuels propriĂ©taires qui appartiennent Ă la famille des Princes Murat, descendants du fougueux Joachim (1767-1815).
Cavalier d’un courage exceptionnel, Joachim Murat combattit dans les plus grandes batailles napolĂ©oniennes, menant des cavaleries de plus de 15 000 chevaux. MarĂ©chal et Prince d’Empire, Roi de Naples, il Ă©pousa Caroline Bonaparte, soeur de l’Empereur NapolĂ©on 1er, dont il eut deux filles et deux garçons: Achille, Laetizia, Lucien et Louise.
LE CHÂTEAU
Seuls restes de l’ancienne place forte des Pithiviers, les douves enserrent un terre-plein fĂ©odal sur lequel furent construits trois ensembles: la forteresse des Grèves, dĂ©molie et remplacĂ©e vers 1480 par un manoir, lui-mĂŞme restructurĂ© vers 1724, puis remaniĂ© vers 1860 avec la crĂ©ation du pignon central en « fromage de chèvre » au-dessus du fronton de la porte d’entrĂ©e, et l’installation de « chiens assis » de part et d’autre des fenĂŞtres du second Ă©tage.
Le corps central du bâtiment est de style logis solognot que l’on rencontre frĂ©quemment en Val-de-Loire du XVIième et XVIIième siècles.
Les deux tours d’angle de la façade donnant sur la rivière datent des XVième et XVIième siècles.
Les armes gravĂ©es sur le fronton au-dessus de la porte d’entrĂ©e sont celles des Rocheplatte: « CoupĂ© d’argent et de sable au lion de l’un en l’autre ». Au-dessous, le blason Ă la fougère est celui de la dernière Comtesse de Rocheplatte nĂ©e Crublier de Fougères.
Les toitures en ardoises ainsi que les façades du château, dont les tours, façades et douves sont classĂ©es Ă l’inventaire supplĂ©mentaire des monuments historiques, ont Ă©tĂ© restaurĂ©es en 1985 avec le concours de la direction rĂ©gionale des monuments historiques et d’entreprises locales.
Les deux tours détachées du corps central abritent à droite, une chapelle aménagée en 1872, et à gauche, les archives de la famille. On y remarque une horloge et un cadran solaire.
Leurs toits ont été restaurés en 2001.
LE PARC
A gauche du château se trouvaient le potager et le verger. La grande pièce participe au système de régulation du niveau des douves.
Le parc, créé dans la deuxième moitié du XVIIIième siècle, comporte des essences introduites dans la région par le grand botaniste Duhamel du Monceau (1700-1782).
La grande tempĂŞte de dĂ©cembre 1999 n’a laissĂ© qu’un cèdre du Liban, très abĂ®mĂ©, et deux cryprès chauves de Louisiane, dont l’un face au petit pont qui enjambe la rivière.
C’est dans ce parc oĂą se rejoignent l’Oeuf et la Rimarde, que l’Essone prend naissance.
Cygnes et cols vers viennent y nicher et l’on peut souvent observer, sur la rivière et les douves, des martins-pĂŞcheurs et des hĂ©rons cendrĂ©s. Le parc abrite Ă©galement plusieurs familles d’Ă©cureuils roux et reçoit souvent la visite de groupes de chevreuils.
Le Comte de Rocheplatte, maire d’OrlĂ©ans et dĂ©putĂ© du Loiret dans la seconde moitiĂ© du XIXième siècle, aimait parcourir ces ombrages en devisant avec ses amis, le poète Alfred de Musset, l’avocat Antoine Berryer et Monseigneur Dupanloup, Ă©vĂŞque d’OrlĂ©ans.
LA CRYPTE
Vous pouvez Ă©galement visiter une curieuse crypte gothique dont l’ornementation date du XIIIième siècle.
Classée monument historique, ce lieu de culte Chrétien est le plus important de la région.
Cette crypte ne comporte aucun symbole chrĂ©tien et il est possible que s’y soit poursuivi le culte gallo-romain de CĂ©rès, dĂ©esse des moissons.
Ses dĂ©licates voĂ»tes gothiques sont ornĂ©es de symboles du soleil et de la roue du temps. Deux petits visages sculptĂ©s, l’un triste, l’autre gai, pourraient Ă©voquer la disette et l’abondance. Peut-ĂŞtre y verrez-vous quelques chauves-souris: c’est leur refuge favori.
