Magnifique témoignage du passé Romain de la Provence. L’aqueduc est très bien préservé et le cadre est grandiose.
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L'aqueduc de Nîmes, long de 50 km, est édifié pour alimenter la ville en eau. Le pont du Gard en franchit le Gardon. Environ 1 000 ouvriers y travaillent.
Faute d'entretien, le canal se colmate. L'aqueduc cesse de fonctionner, mais le pont reste debout.
Les piles du second étage sont échancrées pour laisser passer charrettes et voyageurs. Le pont sert aussi de passage à péage.
Un pont attenant est construit pour la circulation, séparant définitivement le trafic du monument antique.
Le pont du Gard figure sur la première liste des monuments historiques établie par Prosper Mérimée.
Le pont du Gard rejoint la liste du patrimoine mondial pour son architecture et son état de conservation exceptionnels.
Un projet paysager et un espace culturel sont créés pour protéger le monument et accueillir les visiteurs.
Le pont du Gard est probablement l’un des aqueducs romains les plus grandioses qui nous soit parvenu. Avec ses 49 mètres de hauteur, il s’agit du plus haut édifice de ce genre connu dans le monde. Cet ouvrage de 270 mètres de long, enjambant la vallée du Gardon, est en fait le tronçon monumental d’un aqueduc bien plus long, édifié au Ier siècle après J-C, qui s’étendait sur plus de 50 kilomètres. Il servait à transporter l’eau depuis la source de l’Eure à Uzès, jusqu’à la cité romaine de « Nemausus » connue aujourd’hui sous le nom de Nîmes.
C’est un témoin manifeste du gérie bâtisseur des Romains. Ainsi, l’eau qui circulait dans une conduite de 1 mètre 80 de hauteur située au troisième niveau, s’écoulait grâce à la gravité. Les canalisations présentaient une légère inclinaison de 24,8 centimètres tous les kilomètres, permettant d’obtenir un débit régulier et suffisamment faible pour ne pas éroder trop considérablement la pierre. L’eau mettait une journée entière pour parcourir les 50 kilomètres séparant le point de captage d’un château d’eau appelé castellum, situé rue de la Lampèze à Nîmes. Elle était en suite distribuée dans la ville par un réseau de canalisations et alimentait les fontaines et les thermes.
La construction de ce chef d’oeuvre est à placer entre 40 et 60 après J-C. On suppose que près de 1000 ouvriers ont participé au chantier qui a nécessité 50 400 tonnes de pierres, provenant de carrières voisines. Un œil avisé peut encore aujourd’hui distinguer les marques des échaffaudages et des cintres, utilisés pour construire les arches. Il faut noter que les deux premiers niveaux sont construits à sec, sans mortier. Les blocs de pierre sont seulement maitenus par des tenons de chêne (des sortes d’agraphes). On peut encore aujourd’hui déceler sur certaines pierres des inscriptions laissées par les ouvriers.
Pendant près de 5 siècles, l’aqueduc a transporté près 35 000 m3 d’eau par jour. Malheureusement, il cesse de fonctionner au VIe siècle, à l’orée du Moyen Age. A cette période, il sert d’abord comme carrière de pierres puis comme pont routier. Pour facitilier le passage des véhicules, on détruit une partie des piliers du second niveau, ce qui déstabilise sa structure. Par ailleurs, le troisième niveau d’une longueur initiale de 360 mètres perd à cette époque près de 85 mètres. A la Renaissance, on porte un nouveau regard sur le monument que l’on tâche de préserver. Il reçoit la visite de plusieurs rois de France, comme Charles IX ou Louis XIV, venant admirer les merveilles de l’ingénierie romaine. L’édifice est finalement inscrit sur la première liste des monuments historiques et 1840 puis, plus tard, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en décembre 1985. Il se hisse aujourd’hui parmi les sites les plus visités de France.
Une légende tenace raconte que pendant la construction (vers 40-60 ap. J.-C.), un maçon aurait accidentellement posé deux blocs de pierre à l'envers — leurs lettres de repérage gravées (destinées à guider les tailleurs de pierre) se retrouvèrent inversées, formant un "U" à l'envers sur la façade.
Plus amusant encore : un tailleur de pierre de l'Antiquité aurait glissé un TRUE "graffiti" — on a retrouvé gravé sur un bloc l'inscription d'un ouvrier, tout simplement "Caius" (prénom romain), signé de sa main comme pour laisser une trace de son passage, il y a près de 2 000 ans.
Ces marques de chantier, gravées par les carriers et tailleurs de pierre, sont encore visibles aujourd'hui et ont permis aux archéologues de comprendre les techniques d'assemblage des blocs — chaque pierre portait un code indiquant sa position exacte dans l'édifice. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles le pont a survécu aussi longtemps : un assemblage d'une précision remarquable, sans mortier.
Quel empereur fut le véritable commanditaire probable de cet aqueduc ?
Auguste — la légende attribuait le pont à son règne (et même à Marcus Vipsanius Agrippa, son gendre et constructeur des aqueducs romains). Mais les monnaies retrouvées dans les réservoirs de Nîmes ne sont pas antérieures au règne de Claude (41-54 ap. J.-C.) : la construction date donc très probablement de son époque, vers 40-50.
Pourquoi le pont du Gard a une légère courbure, et que révèlent les numéros gravés sur les blocs ?
La légère courbure du pont serait liée aux ajustements du chantier (et possiblement à la chaleur des pierres, certaines analyses suggérant des contraintes thermiques), tandis que les numéros gravés sur les voussoirs sont des codes de chantier : chaque bloc était taillé dans la carrière voisine (à 500 m), marqué d'un code de positionnement, puis assemblé à sec sur place — sans mortier — grâce à ces repères. Les carriers et tailleurs de pierre ont laissé leurs marques d'outils, permettant aux archéologues de reconstituer tout le processus de construction.
Magnifique témoignage du passé Romain de la Provence. L’aqueduc est très bien préservé et le cadre est grandiose.
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