L’histoire du domaine aujourd’hui associé au Musée de Villèle commence en 1770, avec le mariage d’Henri-Paulin Panon Desbassayns, un Blanc créole, et d’Ombline Gonneau, une riche héritière locale connue sous le nom de Madame Desbassayns. Les terres reçues par chacun forment alors un ensemble de 190 hectares, réparti entre plusieurs sites de Saint-Paul, Saint-Leu, Saint-Gilles et la Grande Ravine. Le couple possède également 80 esclaves, soumis au Code noir spécifique à l’île Bourbon, appliqué à partir de 1723.
En 1797, trois ans avant la mort d’Henri-Paulin Panon Desbassayns, la propriété s’étend sur environ 750 hectares. 417 esclaves y travaillent, faisant de cette exploitation la plus vaste de l’île. Durant la première moitié du XIXe siècle, Madame Desbassayns et son fils Charles modernisent et industrialisent la plantation. Celle-ci compte alors 462 esclaves en 1829.
L’abolition de l’esclavage en 1848, puis la crise du sucre de canne à la fin du XIXe siècle, entraînent le déclin de la plantation. En 1960, la propriété est finalement cédée au Crédit foncier colonial. Les derniers descendants de la famille conservent toutefois la jouissance de la maison familiale jusqu’à leur départ de La Réunion pour la Métropole, en 1973.