Ă€ Lyon il y a les Traboules, Ă Paris les Traverses, Ă Joyeuse il y a les Goulajous.
Dans la cité des Ducs de Joyeuse, les liaisons entre la Grand rue et les rues parallèles sont faibles, elles sont réalisées par des venelles appelées « goulajous ».
De l’occitan « lo golatjon » (goulatjou en phonétique française) qui provient lui-même du latin gula qui signifie « petite gorge ou goulot ». Ce passage prend son origine au début de la Grand rue, Place de la Recluse (à l’emplacement de la porte de la Recluse, démolie depuis le 19ème siècle), il longe ensuite le rempart Nord de la vieille ville pour déboucher Place du Grand-Jeu.
Il est ainsi dénommé parce qu’il était emprunté par les habitants endettés auprès des marchands qui avaient boutiques, pour la majorité, dans la Grand rue. Ce passage leur permettait de traverser le village d’Est en Ouest, sans risquer de rencontrer un créancier.
Ces Ă©troits passages sont voĂ»tĂ©s selon des modèles divers, en fonction des contraintes de dĂ©nivelĂ©s et des constructions riveraines (voĂ»tes surbaissĂ©es, voĂ»tes en berceau inclinĂ©). Le modèle plein cintre fait rĂ©fĂ©rence Ă celui des portes de la ville, mais l’usage modifie selon les besoins l’aspect gĂ©nĂ©ral des couverts. Les itinĂ©raires complexes et leur difficultĂ© de perception procurent un pittoresque ludique aux traverses couvertes. N’ayant pas subi de modifications sensibles, les goulajous ont conservĂ© leur traitement originel des sols en galets posĂ©s sur chant (les galets sont plus ou moins disposĂ©s en assises rĂ©gulières selon la qualitĂ© des lieux). Les marches sont en pierres locales, les eaux pluviales sont drainĂ©es soit vers le centre de la venelle, soit sur les bords.
Ce goulajou permet d’emprunter le chemin de ronde intérieur des remparts dont on peut observer les meurtrières aménagées dans l’enceinte de la ville créée à la fin du Moyen-Âge et qui était distincte de celle du castrum (château).





