Église Sainte-Agathe des Camoins

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La visite est libre pendant les horaires d'ouverture de l'église Saint-Agathe des Camoins.

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15 Rue Bernard, 13011 Marseille 11e Arrondissement

Histoire

Lovée dans le vallon des Camoins, aux confins orientaux de Marseille, l’église Sainte-Agathe est l’un des témoignages les plus anciens et les plus vivants du patrimoine religieux des Bouches-du-Rhône. Son histoire, intimement liée à celle de la communauté qui l’a bâtie, agrandie et restaurée au fil des siècles, reflète la ténacité et la piété d’un peuple de village attaché à son lieu de culte.

Les origines : un village longtemps rattaché à Saint-Marcel

La décision de doter Camoins d’une église propre remonte à 1530, même si le village demeure alors rattaché à la paroisse de Saint-Marcel. C’est donc dans un premier temps sans autonomie paroissiale que l’édifice prend forme. Les premières traces documentaires de son existence apparaissent dans les minutes du notaire Lemaire en 1600 : à cette date, Pierre Guigonis possède une grande vigne au nord de l’église, et Anne Boreli dispose d’une propriété longeant le chemin qui y mène, confirmant que l’édifice est alors bien ancré dans le paysage et la vie foncière du village.

En 1651, les actes du notaire Vachier apportent un nouvel éclairage : Pierre Camoin vend une parcelle à la Luminaire Notre-Dame de Miséricorde afin de permettre l’agrandissement de l’église. Certains historiens pensent qu’il s’agit du terrain sur lequel les Pénitents Blancs édifièrent leur première chapelle, qui jouera un rôle déterminant dans l’évolution ultérieure de l’édifice.

Le XVIIIe siècle : transformations et agrandissements successifs

Le 19 mai 1735, Monseigneur Henri de Belsunce, évêque de Marseille, effectue une visite épiscopale aux Camoins. Son constat est sévère : l’édifice est dépourvu de voûte et de plafond, trop petit, et insuffisamment éclairé faute d’ouvertures. Il ordonne des travaux d’agrandissement qui permettront d’étendre l’église jusqu’à l’actuel sanctuaire.

Cette dynamique de transformation se poursuit une décennie plus tard : en 1745, les habitants rachètent la chapelle contiguë des Pénitents Blancs, intégrée à l’édifice pour en permettre un second agrandissement. En 1756, le chœur actuel est construit, conférant à l’église son volume intérieur essentiel.

Le XIXe siècle : embellissement et consécration

En 1838, l’humidité persistante du sol contraint à refaire entièrement le dallage de l’église. Puis, en 1856, la façade principale — qui n’atteignait que la hauteur de la croix d’encadrement — est reprise et avancée. Ce nouvel avant-corps est réalisé en pierre de Beaucaire et de La Couronne, avec l’aménagement d’une petite niche destinée à accueillir la statue de sainte Agathe.

L’événement le plus solennel de ce siècle survient en 1865, lorsque Monseigneur François Xavier consacre officiellement l’église à sainte Agathe. L’acte de consécration, rédigé à l’encre de Chine sur parchemin, est enfermé dans un coffret de plomb et scellé sous la marche du maître-autel — où il sera retrouvé, intact, lors des travaux de rénovation de 1994, précieux témoignage d’un siècle disparu.

Les travaux se poursuivent en 1888 pour améliorer l’éclairage intérieur, puis en 1894 pour des travaux extérieurs d’envergure, mobilisant quelque 30 tonnes de ciment fin.

Le XXe et le XXIe siècle : restauration et renaissance

Si le XX^e siècle voit plusieurs réfections sans bouleversement majeur, c’est en septembre 2005 que s’amorce la transformation la plus profonde depuis deux siècles. Grâce à la persévérance du Père Michel Jacquet et d’un noyau de paroissiens dévoués, la mairie de Marseille engage une restauration complète, intérieure et extérieure. Le décroûtage des murs génère à lui seul dix tonnes de gravats. Les murs sont rejointoyés à la chaux et décorés dans des tons jaune, terre de Sienne et blanc, en référence aux fragments de fresques d’origine encore visibles. Les installations électriques sont remises aux normes, le porche mis en valeur, et un baptistère dont le pied est entièrement refait est posé.

Le 23 septembre 2007, Jean-Claude Gaudin, sénateur et maire de Marseille, inaugure solennellement l’église restaurée, en présence du député et maire du secteur Roland Blum et de nombreuses personnalités.

Les travaux se prolongent de janvier à mai 2008 : la façade principale et le flanc gauche de l’édifice sont décroûtés et enduits à la chaux dans des teintes apaisées, tandis que la charpente et les tuiles de toiture sont entièrement renouvelées. Le 10 novembre 2010, l’éclairage de la Porte des Pénitents, de l’esplanade et des rues adjacentes est mis en place, parachevant la renaissance de ce lieu de mémoire.

Sainte Agathe, patronne des Camoins

Martyre sicilienne du IIIième siècle, sainte Agathe est la figure tutélaire de cette communauté. Sa fête est célébrée chaque année le 5 février, et la solennité le dimanche suivant, perpétuant une dévotion populaire qui traverse les siècles sans se démentir. L’église qui porte son nom, modeste dans ses dimensions mais riche de près de cinq cents ans d’histoire communautaire, demeure le cœur spirituel du quartier des Camoins.

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