
Domme
Histoire
Histoire AnecdoteSynthĂšse historique
Aux origines de Domme
Les premiĂšres traces Ă©crites qui mentionnent des habitants sur le site de Domme sont des actes pour une chapellenie donnĂ© au prieurĂ© de CĂ©nac par lâĂ©vĂȘque de PĂ©rigueux. Au dĂ©but du XIIIe siĂšcle, il y a un chĂąteau sur le rocher de Domme qui sert de refuge aux albigeois, des hĂ©rĂ©tiques du sud du royaume de France. Simon de Montfort, comte de Leicester venu combattre les albigeois, prend le chĂąteau en 1214 et fait abattre la grande tour.
Au milieu du XIIIe siĂšcle, il existe deux petits chĂąteaux sur le mont Domme.
A cette Ă©poque, la Guyenne est une rĂ©gion disputĂ©e entre le roi de France et le roi dâAngleterre. A la fin du XIIIe siĂšcle, les Anglais Ă©tablissent de nombreuses bastides Ă lâinitiative de Jean de Grailly, sĂ©nĂ©chal de Guyenne. Il en fonde vingt-deux pendant les huit annĂ©es oĂč il occupe ce poste. Face Ă cela, le roi de France Philippe le Hardi a probablement voulu renforcer son ancrage sur le territoire du PĂ©rigord. Il obtient en 1280 les droits de suzerainetĂ© sur le mont Domme.
La bastide est construite sur un Ă©peron rocheux qui surplombe un grand mĂ©andre de la Dordogne. Elle occupe une position stratĂ©gique dâun point de vue Ă©conomique grĂące Ă la Dordogne et dâun point de vue militaire du fait de sa proximitĂ© avec des places fortes anglaises.
La bastide doit faire face Ă des dĂ©buts compliquĂ©s. Comme souvent il y a des conflits dâintĂ©rĂȘts entre la population ainsi que les seigneurs locaux et les nouveaux habitants. De plus Domme est isolĂ©e et son accĂšs nâest pas facile, ce qui rend les ravitaillements plus compliquĂ©s. Enfin les bourgeois qui devaient sâinstaller dans la ville neuve mettent du temps Ă venir. En 1308, Philippe le Bel doit mettre en place des amendes pour ceux qui ne se sont pas encore installĂ©s.
Le plan de Domme se distingue des autres bastides comme Monpazier, qui est prĂ©sentĂ©e comme idĂ©ale pour sa rĂ©gularitĂ©. Lâenceinte nâest pas rectangulaire et les rues ont un tracĂ© irrĂ©gulier. Câest probablement dĂ» Ă la situation particuliĂšre de la bastide construite sur un rocher escarpĂ© et sur un emplacement oĂč il y avait dĂ©jĂ deux chĂąteaux. Il y avait une place carrĂ©e oĂč on construisit une halle. On construit lâĂ©glise pour ĂȘtre au centre de la ville neuve, proche de la place. La bastide est directement dotĂ©e de remparts percĂ©s de trois portes. Cette fortification rapide est liĂ©e Ă sa position stratĂ©gique importante. Câest une volontĂ© de Philippe III le Hardi qui souhaite marquer la prĂ©sence capĂ©tienne dans le PĂ©rigord
Domme dans la guerre de Cent Ans
Pendant la guerre de Cent Ans, Domme a un rĂŽle important. Elle est en premiĂšre ligne en raison de sa proximitĂ© avec la Guyenne anglaise. Cependant, les Anglais prennent la bastide grĂące Ă une trahison le 31 mai 1347. Ils prennent seulement la ville et le chĂąteau rĂ©siste encore. Finalement, moins dâun an plus tard, Guillaume de Monftaucon, sĂ©nĂ©chal du PĂ©rigord et du Quercy, reprend la ville. Lors du traitĂ© de BrĂ©tigny en 1360, la France perd une grande partie de son territoire et notamment le PĂ©rigord. Domme doit alors reconnaĂźtre la souverainetĂ© du roi dâAngleterre Edouard III mais les habitants refusent. Il fallut attendre lâordre formel du roi de France pour quâils consentent Ă reconnaĂźtre leur nouveau souverain.
Ainsi, la ville reste fidĂšle au roi de France. En effet, quand la guerre reprend en 1369, Domme se range du cĂŽtĂ© français. Le lieutenant gĂ©nĂ©ral du roi dâAngleterre, Jean Chandos, attaque la bastide pour la punir de sa dĂ©fection en 1370 mais câest un Ă©chec. En rĂ©compense de leur fidĂ©litĂ©, le duc dâAnjou confirme les privilĂšges des habitants de la bastide et leur donne le droit de battre la monnaie. AprĂšs deux nouveaux Ă©checs anglais en 1384 et 1397, le gouverneur de Domme livre la bastide aux Anglais en 1417. La ville reste ainsi anglaise jusquâen 1438 oĂč les Français la reprennent dĂ©finitivement.
Domme a beaucoup souffert des attaques successives tout au long de la guerre. La ville doit se relever de ces Ă©pisodes et pour cela le roi Charles VIII leur accorde lâĂ©tablissement de quatre foires par an et dâun marchĂ© par semaine.
La bastide face aux troubles de l’Epoque Moderne
Au XVIe siĂšcle, la RĂ©forme protestante se propage en Europe. En France, cela cause des affrontements entre catholiques et protestants : ce sont les guerres de Religion. Plusieurs familles nobles du PĂ©rigord passent Ă la rĂ©forme, ce qui entraĂźne des affrontements dans la rĂ©gion. Domme reste catholique et repousse en 1568 plusieurs attaques de capitaines protestants. Cependant, pendant la nuit du 25 octobre 1588, le chef protestant Geoffroy de Vivans et ses hommes escaladent le rocher sur lequel est construite Domme et prennent ainsi la ville. Il fait raser lâĂ©glise paroissiale et le couvent des Augustins. En 1592, il finit par cĂ©der la bastide au marĂ©chal de ThĂ©mines.
Les guerres de Religion prennent fin en 1598 avec lâĂ©dit de Nantes. Cependant, le calme ne revient pas en Dordogne. En effet, une sĂ©rie de rĂ©voltes populaires Ă©clatent dans le sud-ouest du royaume de France pendant le XVIIe siĂšcle. La population est meurtrie par les guerres, les Ă©pidĂ©mies, les famines et une charge fiscale qui devient de plus en plus lourde. Une premiĂšre rĂ©volte touche le PĂ©rigord en 1594. Certains paysans refusent de payer lâaugmentation dâimpĂŽt et sont arrĂȘtĂ©s pour cela. On en enferme une partie Ă Domme. A lâĂ©tĂ© 1629, Domme fait face Ă une Ă©pidĂ©mie de dysenterie qui fait 290 morts. Un nouvel Ă©pisode de rĂ©volte a lieu en 1637.
Par la suite, Domme perd de son importance politique dans la région.
Le refus de l’autoritĂ© dans le PĂ©rigord aprĂšs la RĂ©volution Française
En 1799, aprĂšs la RĂ©volution française, le Directoire met en place une conscription obligatoire pour les jeunes hommes de 20 Ă 25 ans. Cette mesure rencontre une forte rĂ©sistance rurale. Câest le cas dans le PĂ©rigord oĂč les populations locales soutiennent les dĂ©serteurs en les cachant. Le canton de Domme se caractĂ©rise par une « dĂ©sobĂ©issance constante et presque gĂ©nĂ©rale ».
Pendant le premier Empire, les levĂ©es dâhommes et les rĂ©quisitions de rĂ©coltes pour lâarmĂ©e continuent et se font de plus en plus lourdes. Câest une pĂ©riode compliquĂ©e pour les paysans pĂ©rigourdins avec les rĂ©coltes de lâannĂ©e 1811 qui sont trĂšs faibles. LâannĂ©e suivante, dâimportantes chutes de grĂȘles anĂ©antissent les rĂ©coltes dans plusieurs cantons dont celui de Domme. Cela entraĂźne une forte hausse de la mendicitĂ© partout en Dordogne. Ces mauvaises rĂ©coltes, les levĂ©es de soldats, ainsi que lâaugmentation des impĂŽts entraĂźnent des troubles lors de lâannĂ©e 1814 oĂč plus de deux mille personnes se rassemblent dans la bastide pour protester.
Domme divisée aprÚs la révolution de Juillet
En 1830, la rĂ©volution de Juillet Ă©clate Ă Paris pendant trois jours et se conclut par lâabdication de Charles X, dont la politique trĂšs conservatrice portait atteinte aux libertĂ©s. On organise de nombreuses festivitĂ©s pour cĂ©lĂ©brer la nouvelle en Dordogne.
Ă Domme, ces Ă©vĂ©nements dĂ©clenchent une affaire qui dure plusieurs mois. En septembre 1830, lors de lâĂ©lection des officiers de la garde nationale, les bourgeois tentent de discrĂ©diter Vielmon, avocat et principal organisateur des fĂȘtes rĂ©volutionnaires. Bien quâĂ©lu chef de la compagnie des grenadiers, les bourgeois et les partisans de Charles X le contestent. La ville se divise alors entre un parti dit « des pauvres », menĂ© par Vielmon, et un parti « des riches ». Une hausse des impĂŽts, perçue comme injuste par les paysans pĂ©rigourdins, renforce cette opposition.
AccusĂ© dâagitation par une partie des habitants et par le sous-prĂ©fet intĂ©rimaire, Vielmon devient le centre de tensions croissantes, marquĂ©es par insultes, bagarres et accusations. Lâaffaire mobilise les autoritĂ©s locales et judiciaires. En dĂ©cembre 1830, un procĂšs Ă Sarlat condamne Vielmon et huit de ses partisans, sans pour autant apaiser la situation.
En janvier 1831, un affrontement oppose ses partisans aux gendarmes, qui chargent sur ordre du maire. Le préfet et le procureur se rendent alors à Domme avec des militaires, et une forme de dragonade est mise en place, les soldats étant logés chez les opposants. En février, Vielmon est battu aux nouvelles élections de la garde nationale. Jugé en avril, il est acquitté. Le calme revient finalement à Domme, mettant fin à six mois de divisions et de violences.
Pendant le siĂšcle suivant, l’exode rural frappe Domme. La population de la ville passe ainsi de 2075 habitants en 1831 Ă 855 en 1962.
Anecdote
Du fait de son aspect médiéval, Domme a servi de lieu de tournage pour plusieurs films comme Le Tatoué de Denys de La PatelliÚre avec Jean Gabin et Louis de FunÚs en 1968.
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