Rue des Déportés
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La déportation est l’action, pour un pouvoir politique, de contraindre une catégorie ou un groupe de personnes à quitter son habitat, territoire ou pays, soit pour l’obliger à s’installer ailleurs, soit pour le retenir dans des camps. Le terme de déportation se définit originellement comme « une peine consistant en un exil forcé dans un lieu déterminé ». Son sens contemporain est forgé à partir de 1942 pour rendre compte d’un internement dans un camp de concentration.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne nazie a déporté 8 millions de personnes. Il y a deux catégories de déportés. Les personnes sont déportées pour ce qu’elles sont, comme les juifs, les tziganes, les homosexuels, les handicapés, ou déportées pour ce qu’elles font, comme les résistants et les opposants politiques.
Sur ces 8 millions de déportés, 6 millions sont juifs. En France, 75 000 juifs ont été déportés. Seuls 3% d’entre eux ont survécu aux camps de la mort. Cette entreprise d’extermination systématique des juifs menée par l’Allemagne nazie est appelée la Shoah. La Shoah signifie en hébreux la catastrophe, l’anéantissement.
Pour en savoir davantage sur la Seconde Guerre mondiale à Pont-Audemer, venez découvrir l’exposition « Mémoires de guerre » à la Galerie Théroulde, placette Saint-Ouen, du 1 août au 27 septembre – 14h 17h
Anecdote
Dans la cour de la Mairie, place Verdun, une plaque commémorative rend hommage aux huit résistants de Pont-Audemer et sa région, morts en déportation.
Pour ne pas oublier le martyre des déportés, la Ville de Pont-Audemer a baptisé rue des déportés, la rue menant de la place Général De Gaulle à la cité scolaire.
Au numéro 23 de la place Verdun, se trouvent deux pavés de mémoire encastrés dans le trottoir. Ces pavés de mémoire, stolpersteine en allemand, sont l'œuvre de l’artiste berlinois Gunter Demnig. Ce sont des pavés de béton ou de métal de dix centimètres de côté enfoncés dans le sol. La face supérieure, affleurante, est recouverte d'une plaque en laiton qui honore la mémoire d'une personne déportée dans un camp de concentration ou d’extermination nazi. Ces pavés sont placés devant la dernière demeure librement choisie par la personne déportée.
Au numéro 23 de la place de Verdun vivait le couple Aszendorf, polonais de confession juive. Isaac Aszendorf était fromager chez Dinkla, bâtiment en brique où se trouvent aujourd’hui des locaux de la mairie. Son épouse, Bronislawa Aszendorf était couturière. Le couple fut arrêté, déporté en 1942 et assassiné à Auschwitz. Le pavé doré du 23 place de Verdun honore la mémoire de Isaac et Bronislawa, martyres de la Shoah.
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