L’église de Tavernes, située à Cazaubon dans le département du Gers, présente des éléments architecturaux intrigants datant du Moyen Âge. Au-dessus du porche, trois têtes d’hommes ornent l’ogive du portail. De chaque côté, deux chevaliers au visage mélancolique semblent exprimer toute la tristesse du monde. Au sommet, une clé de voûte présente le visage grimaçant d’un homme tirant la langue, probablement une représentation du démon.
Ces sculptures, bien que fantaisistes, ne sont pas originales et ont probablement été reproduites ultérieurement. Les représentations de créatures fantastiques ou païennes étaient assez communes à l’époque médiévale, bien que moins fréquentes dans les églises modestes de la région de Cazaubon. Le « tireur de langue » de Tavernes s’ajoute à d’autres sculptures grotesques présentes dans les églises environnantes, telles que des êtres difformes à Estang, des sirènes et des centaures à Nogaro, ou encore des têtes monstrueuses à Aignan.
Ces représentations artistiques avaient pour dessein de rappeler aux fidèles les dangers des tentations démoniaques et du péché, les incitant ainsi à résister aux forces du mal. Bien que la figure de Lucifer lui-même soit rarement représentée, ses descendants, grotesques et répugnants, étaient omniprésents dans l’art médiéval, symbolisant les menaces auxquelles l’homme devait faire face.
Ainsi, l’église de Tavernes, à travers ses sculptures énigmatiques, témoigne de la lutte spirituelle entre le bien et le mal qui préoccupait les croyants de l’époque, les invitant à se détourner des influences néfastes pour embrasser la voie de la vertu et du salut.