Le site de l’étang de Saint-Paul compte parmi les lieux associés à l’installation des premiers habitants de l’île de La Réunion, dès le milieu du XVIIe siècle. En 1646, douze hommes expulsés de Madagascar vinrent s’établir dans les environs de l’étang, dont les ressources rendaient l’implantation favorable. Ils pouvaient notamment y trouver de l’eau ainsi que différentes plantes, utilisées à des fins alimentaires ou médicinales.
À l’origine, l’étang était entouré d’une végétation naturelle. Il prit ensuite une vocation agricole, organisée autour d’un réseau de canaux. Le développement de la culture de la canne à sucre transforma progressivement la manière dont le site était exploité. La baisse ultérieure du niveau de l’eau modifia également sa valorisation agricole et l’entretien des canaux.
Peu à peu, ces derniers furent fermés, notamment dans un contexte marqué par la progression de plantes invasives. Parallèlement, les espaces cultivés reculèrent. L’étang se caractérise désormais par l’extension de la zone marécageuse et par la présence d’une végétation dense, témoignant de l’évolution progressive de son environnement et de ses usages.