Au confluent des eaux, lĂ oĂč la vie sâinstalle naturellement, naĂźt peu Ă peu le village dâĂcouflant, rattachĂ© Ă la baronnie de Briollay. Dans cet Ă©crin de nature, une premiĂšre chapelle est fondĂ©e par le seigneur des lieux, confiĂ©e au chapitre de Saint-Julien dâAngers.
DĂ©tachĂ©e de la paroisse de Cantenay, elle devient peu Ă peu un lieu de vie spirituelle pour les habitants. On y prie, on sây rassemble, et une chapelle dĂ©diĂ©e Ă saint Jean lâĂvangĂ©liste y est desservie. DĂ©jĂ , une communautĂ© de croyants prend racine.
Les siĂšcles passent, et malgrĂ© sa modestie, cette chapelle accompagne les joies et les peines des habitants. Elle se tient lĂ , orientĂ©e vers la lumiĂšre nord-ouest/sud-est, Ă peu prĂšs Ă lâemplacement du chĆur de lâĂ©glise actuelle. La porte dâentrĂ©e se trouve du cĂŽtĂ© de la riviĂšre de Maine (la Sarthe actuelle).
Mais le temps laisse son empreinte. Vers 1720, lâĂ©tat de lâĂ©difice appelle Ă ĂȘtre repensĂ©. On agrandit et transforme pour donner Ă cette Ă©glise une forme de croix, comme pour redire au cĆur du village la prĂ©sence du Christ. MĂȘme simple, elle demeure belle, avec sa flĂšche Ă©lancĂ©e tournĂ©e vers le ciel, comme une priĂšre dressĂ©e au-dessus des maisons et elle domine le cimetiĂšre. Ce cimetiĂšre qui se trouvait autour de lâancienne Ă©glise fut abandonnĂ© en 1810 au profit de celui actuellement existant.
Au XIXe siĂšcle, une nouvelle Ă©tape sâouvre. Lâancienne Ă©glise, construite avec des moyens modestes, ne peut plus suffire. En 1877, une nouvelle Ă©glise dĂ©diĂ©e Ă Saint-Jean-Baptiste est bĂątie. Elle sâĂ©lĂšve, en partie, sur les fondations de lâancienne, comme une foi qui ne cesse de se transmettre et de se renouveler. Câest celle-lĂ qui existe encore actuellement et qui a Ă©tĂ© rĂ©novĂ©e en 1997-1998 par les soins de la commune.
Sa construction ne se fait pas sans Ă©preuves : difficultĂ©s financiĂšres, faillite dâun entrepreneur, projets modifiĂ©s⊠Le premier fit faillite et le clocher qui avait Ă©tĂ© prĂ©vu avec une flĂšche en pierre et qui avait reçu les fondations en consĂ©quence, fut abandonnĂ© pour la tour tronquĂ©e quâon lui connait actuellement. Il sera finalement plus simple, comme pour rappeler que la beautĂ© dâun lieu ne tient pas seulement Ă son apparence, mais Ă la foi qui lâhabite.
Et quelle belle image que celle des cultivateurs apportant les pierres avec leurs chevaux et leurs tombereaux ! Toute une communauté qui, humblement, participe à bùtir la maison de Dieu.
Aujourdâhui encore, cette Ă©glise, restaurĂ©e Ă la fin du XXe siĂšcle, tĂ©moigne dâune prĂ©sence fidĂšle. Elle nâest pas seulement un bĂątiment : elle est le signe vivant dâune foi partagĂ©e, transmise de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, une joie discrĂšte, mais profonde, dâavoir cru⊠et de croire encore.





