Église Saint-Martin de Beauvau

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Monuments historiques

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Rue du prieuré, 49140 Jarzé Villages

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Histoire

La fondation de l’actuelle Ă©glise, placĂ©e sous le vocable de saint Martin de Vertou, date du IXe siĂšcle ou Xe siĂšcle.

Le seigneur de JarzĂ© la cĂšde Ă  l’abbaye Saint-Serge d’Angers. Les moines reçoivent l’autorisation de la fonder en paroisse. Vers 1120, des droits sont concĂ©dĂ©s aux religieux. Ils ont pour effet d’attirer la population. L’Ă©glise est alors rebĂątie et sa reconstruction dure jusqu’aprĂšs 1137. Geoffroy de JarzĂ©, qui avait entamĂ© cette reconstruction, et son fils, qui la termina, sont enterrĂ©s dans l’église.

La façade occidentale Ă  pignon s’ouvre par une porte en plein-cintre, surmontĂ©e de deux voussures dont une en dents de scie retombant sur des colonnettes. Au-dessus de la porte se trouve percĂ©e une ouverture romane.

L’Ă©glise se compose de deux parties : la nef romane du XIe siĂšcle, et le chƓur du XIIIe – XIVe siĂšcle.

La nef, restaurĂ©e par l’abbĂ© Bordeaux-Montrieux en 1958 a conservĂ© son aspect d’origine, plutĂŽt archaĂŻque. Elle est faite de moellons de silex grossiers. Sur la façade nord, l’Ă©clairage se fait par trois fenĂȘtres romanes Ă©troites. Sur la façade sud, deux ouvertures en ogives, plus larges, ont Ă©tĂ© percĂ©es au XIVe siĂšcle.

On trouve tout de suite en entrant, deux baptistĂšres en marbre classique de la rĂ©gion, puis sur la gauche, un grand Christ en croix comme celui de l’église de JarzĂ©.

Sur les murs, un chemin de croix datant du dĂ©but du XXe, en lithographies collĂ©es sur plaque d’acier qui a Ă©tĂ© rĂ©cemment rĂ©installĂ© aprĂšs sa dĂ©couverte dans le grenier.

Puis, avant le chƓur, de chaque cĂŽtĂ©, une niche d’angle abritant une Sainte Vierge, et un saint « à la hache », probablement saint Matthias reprĂ©sentĂ© avec l’instrument de son martyr. Matthias avait suivi JĂ©sus, aussi fut-il choisi par les ApĂŽtres pour prendre la place de Judas qui avait trahi et livrĂ© JĂ©sus. Les ApĂŽtres Ă©taient Ă  nouveau 12 !

Le chƓur est voĂ»tĂ© en ogives sexpartites dont la premiĂšre travĂ©e supporte le clocher.

Il est transformé vers la fin du XIIIe siÚcle ou le début du XIVe siÚcle. On y perce également deux ouvertures afin de mieux éclairer la nef.

Au fond du chƓur, vous pouvez admirer un retable du XVIIe siĂšcle. De mĂȘme facture que ceux de l’église de MarcĂ© et de la chapelle de MontplacĂ©, il comprend quatre colonnes corinthiennes. Au sommet et sur les cĂŽtĂ©s, trois niches abritent les statues de la Sainte Vierge, saint Joseph et saint Pierre. Au centre un grand tableau de la nativitĂ©.

Le maütre autel quant à lui est en pierre marbriùre, avec une sculpture de l’agneau pascal.

Au centre, un tabernacle rare en forme de coffret reprĂ©sentant l’arche de l’alliance, est scellĂ© sur l’autel. Le tabernacle est destinĂ© Ă  conserver les hosties consacrĂ©es. Une petite lumiĂšre rouge signale leur prĂ©sence.

Anecdote

  • Un jour le maçon de Beauvau est venu nous aider pour rĂ©parer certaines pierres abimĂ©es. Tout en travaillant, nous avons bavardĂ© et dans la conversation, il mentionne l’existence d’un chemin de croix dans le grenier qu’il avait aperçu bien des annĂ©es auparavant lors d’une inspection du clocher. Avec monsieur le Maire qui a la clĂ© dudit grenier, nous avons exhumĂ© un « tas » de plaques de tĂŽle soigneusement emballĂ©es dans de la toile de jute et imprĂ©gnĂ©es d’au moins cinq dĂ©cennies de poussiĂšre ! Un bon nettoyage fait avec dĂ©licatesse avec du coton de dĂ©maquillant, et un encadrement tout simple, les images ont Ă©tĂ© suspendues sous les croix numĂ©rotĂ©es.
  • Lors d’un nettoyage Ă  fond de l’église les plaques de bois qui avaient Ă©tĂ© posĂ© sur les autels latĂ©raux de la nef se sont avĂ©rĂ©es en piteux Ă©tats. En soulevant celle de l’autel de la Sainte Vierge, nous avons trouvĂ© une clĂ© qui ouvrait le chasublier de la sacristie. ClĂ© perdue depuis un temps aussi long que le sommeil du chemin de croix du grenier ! Dans ce chasublier, lui aussi plein de poussiĂšre, mais sec et sans insecte, dormait depuis le dernier concile, au moins, un ensemble d’une vingtaine de chasubles du XXe siĂšcle et mĂȘme du XIXe pour les plus anciennes. Elles sont exposĂ©es chaque annĂ©e lors de la journĂ©e du patrimoine.

Énigmes

Énigme 1

Il manque une station du chemin de croix. Laquelle ? (ce n’est pas la VIIIùme !)

Il s’agit de la XIĂšme station :  JĂ©sus est clouĂ© sur la croix.

Énigme 2

Que remarque-t-on au sujet de l’alignement de la nef et du chƓur ?

Le chƓur n’est pas parfaitement dans l’alignement de la nef, mais « fuit » vers la gauche.

Ce n’est pas une erreur ! Les bĂątisseurs ont reprĂ©sentĂ© la tĂȘte penchĂ© du Christ mort sur la croix, rappelant symboliquement ainsi que l’ Eglise est le corps du Christ.

Énigme 3

Sur le tableau de la Nativité du retable il y a une « anomalie », laquelle ?

Saint Joseph n’est pas reprĂ©sentĂ©. En effet, Dieu a confiĂ© Ă  saint Joseph ses plus grands trĂ©sors : JĂ©sus et Marie.

Sur les représentations de la Nativité, Joseph est la plupart du temps auprÚs de Jésus et Marie (comme dans les crÚches)

Énigme 4

Avez-vous déjà entendu parlé de Saint Martin de Vertou dans une autre église du parcours ? Combien portent le nom de Saint Martin de Vertou ?

5 avec celle de Beauvau. Nombreuses sont les Ă©glises de l’Anjou qui ont choisi le patronage de Saint Martin de Vertou.

Saint Martin de Vertou, nĂ© vers 525 Ă©tait diacre quand il a Ă©tĂ© chargĂ© par Saint FĂ©lix Ă©vĂȘque de Nantes, d’évangĂ©liser les populations du sud de la Loire.

Puis il se fit pĂšlerin aux tombeaux des saints ApĂŽtres Ă  Rome. Il revint ensuite dans sa contrĂ©e d'origine, ermite non loin de Nantes. L'existence solitaire et vertueuse de Martin attire Ă  lui de nombreux disciples. Il fonda alors l’abbaye de Vertou en 576 et celle de Saint-Georges de Montaigu oĂč il mourut vers l’an 600.

La légende raconte que saint Martin de Vertou planta son bùton de pÚlerin au milieu de ce qui allait devenir la cour de l'abbaye et que celui-ci prit racine, devenant un if qui apparaßt sur le blason de la commune de Vertou.

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