Située sur la commune du Lion d’Angers, l’église Saint-Martin-de-Vertou est connue sous ce vocable dès le 11e siècle. Saint Martin de Vertou est né à Nantes en 527. Évangélisateur du pays nantais et du nord du Maine et Loire, il fonde un premier monastère à Vertou et un second à Saint-Georges-de-Montaigu, où il meurt vers l’an 600. Son corps est alors ramené dans l’abbatiale de Vertou. Plusieurs paroisses portent son nom. La paroisse lionnaise daterait de cette époque.
L’église est donnée entre 1010 et 1030 aux moines bénédictins de l’Abbaye de Saint-Aubin. Un prieuré dépendant de l’abbaye est fondé et se construit contigu à la priorale.
Au 14e siècle, le transept sud est ouvert par une grande verrière gothique qui éclaire le chœur, une chapelle baptismale et un clocher sont accolées au flanc sud de la nef.
Au 19e siècle, avec l’accroissement de la population de la ville, des travaux d’agrandissement commencèrent en juillet 1875. Dans le même temps, une chaire, des stalles, des confessionnaux et le buffet de l’orgue du chœur sont réalisés par les ateliers Moisseron d’Angers.
La nef est couverte de peintures murales datant de la fin du 15e et du début du 16e siècle et redécouvertes en 1852. Le roi René d’Anjou (1409–1480), mécène et poète, joua un rôle central dans l’iconographie de l’église. Son poème notamment sur le Portement de Croix, où des figures marginalisées aident le Christ, inspira les fresques de cette église.
A l’entrĂ©e de l’église, nous trouvons la crucifixion et deux âmes du purgatoire au-dessus des flammes recevant le sang qui coule de la croix et qui les sauve. Puis un immense Saint Christophe portant l’enfant JĂ©sus sur ses Ă©paules, Sainte Anne enseignant la Vierge Marie encadrĂ©es par deux martyres reconnaissables Ă leurs palmes. A la suite vient le portement de croix, l’humanitĂ© souffrante aidant le christ Ă porter sa croix. Contrairement Ă la reprĂ©sentation traditionnelle des Ă©vangiles oĂą c’est Simon de Cyrène qui aide Ă porter la croix, ici ce sont le pauvre, le lĂ©preux, le malade, le prisonnier, le pèlerin, le laboureur, le mendiant, la veuve, l’orphelin, le mal-mariĂ© et le docteur qui sont reprĂ©sentĂ©s. Puis nous trouvons la flagellation du Christ lors de sa Passion, Saint François recevant les stigmates et Saint Gilles, ermite accompagnĂ© de sa biche nourricière.
Sous les fresques, nous pouvons voir un retable « Ecce homo » représentant Ponce Pilate et la foule qui réclame la mort de Jésus. Il date du 16e siècle.
Au-dessus des fresques, des bandeaux noirs font le tour de l’église. Ce sont les litres seigneuriales. Datées de la fin du 17e siècle ou du XVIIIe siècle, restaurées au 19e siècle, elles comportent les armoiries des seigneurs défunts.
Dans la tribune se trouve l’orgue construit par les ateliers d’Aristide CavaillĂ©-Coll en 1883. Il est offert par la vicomtesse de Tredern, Jeanne-Marie Say TrĂ©dern, petite fille du fondateur de l’empire sucrier (devenu BĂ©ghin-Say). Artiste lyrique, elle joua souvent sur cet orgue des morceaux de sa composition. Les ateliers CavaillĂ©-Coll ont aussi construit l’orgue de Notre-Dame de Paris.





