La chapelle Saint-Julien appartenait à l’ancien hôpital Saint-Julien, un vaste ensemble fondé au XIe siècle par Ellebaud le Rouge. L’édifice actuel a été réalisé en 1734 par le maître maçon cambrésien Martin Dechy. Construit en brique et en pierre, il relève d’un style classique. Ses façades sont rythmées par de hautes baies à larmiers et par des contreforts harpés. Sous les fenêtres, des tables fouillées alternent des formes concaves et convexes, composant un décor particulièrement travaillé.
Restaurée en 1982 par les frères Boitteaux, la chapelle conserve un décor soigné, malgré la disparition de son mobilier. Elle abritait autrefois la salle des hommes de l’hôpital. Une clôture séparait alors les lits des malades de l’oratoire, où se trouvaient l’autel et les stalles.
La sobriété actuelle permet d’apprécier le traitement architectural de l’édifice. L’abside, voûtée en cul-de-four, est animée de nervures reposant sur des pilastres d’ordre corinthien. La nef est couverte de voûtes modernes, ou voûtes à ogives à la française : celles-ci associent des couples en brique à des croisées d’ogives en pierre qui n’assurent pas la fonction de support.
Les vastes baies à larmiers, dont les chambranles sont ornés de crossettes, accueillent des verrières claires du XXe siècle réalisées par le maître verrier Lardeur. Celui-ci a employé uniquement des verres non teintés pour représenter le soleil levant. Le motif apparaît grâce à un réseau de plomb particulièrement dense.