L’église Saint Anne d’Airion est un petit édifice bâti en pierres de taille. Elle présente un style gothique flamboyant, auquel s’ajoutent quelques parties modernes. Son clocher occupe une position centrale. Le chœur et l’espace situé sous le clocher sont les seules parties voûtées, une disposition qui remonte au XVIe siècle. La nef, quant à elle, est couverte d’un lambris.
Deux fragments de verrières du XVIe siècle comptent parmi les éléments les plus remarquables de l’édifice. Dans une fenêtre de la nef figure une représentation de la Conversion de saint Paul, accompagnée de l’inscription « Paule, Paule cure me Perse Quere ? ». Ce texte, présenté comme étant en galicien, est traduit par : « Paul, Paul guéris-moi les désirs perdus ? »
Derrière le grand autel se trouve également une Passion en bois sculpté, composée de nombreux personnages. Elle paraît dater de la fin du siècle. Autrefois dorée, elle a été recouverte de peinture lors d’une première restauration, qui a malheureusement masqué ses ornements et ses figures. Elle a depuis fait l’objet d’une nouvelle restauration.
Le clocher, fortement incliné vers le sud, est associé à une légende expliquant également l’ancien nom du village. Airion aurait été appelé Arion au XIIe siècle, puis Erion et Ayrion. Plusieurs origines sont proposées pour ce nom, notamment sa relation avec la rivière Are ou Arre, ou avec une vallée marécageuse cultivée en aires, c’est-à-dire en jardins et en pépinières.
Selon une autre explication légendaire, un voyageur perdu dans une tempête de neige aurait attaché son âne à une tige dépassant de la neige avant de poursuivre son chemin. La fonte de la neige et les pluies nocturnes auraient ensuite laissé l’animal suspendu à la tige de fer qui surmontait le clocher. Les habitants, découvrant la scène au matin, se seraient écriés « Erions, érions », expression du patois picard signifiant « Rions, rions ». La légende affirme que le clocher se serait alors incliné du côté où l’animal était accroché. Connue dans les villages voisins, cette histoire aurait contribué à fixer le nom d’Erion pour désigner les habitants du pays.
La légende est rapportée dans un document sur le village réalisé par Paul Morel à partir de diverses sources et d’enquêtes personnelles menées en juin 1993.