Le Moulin du Châtelet de Bulles s’inscrit dans un secteur occupé depuis l’Antiquité. Des tuiles et des poteries découvertes près du Châtelet témoignent d’une présence romaine. Le site fut également fréquenté à l’époque mérovingienne, comme l’attestent notamment les fouilles menées par Monsieur Legoux, qui ont révélé une nécropole comprenant plus de 900 inhumations, datées du Ve siècle à la fin du VIIe siècle. Des sarcophages, des poteries et des lances provenant de ces découvertes sont conservés au musée de Beauvais.
À l’origine, le moulin était un moulin à blé appartenant au prince de Condé, comte de Clermont. Il fut ensuite vendu comme bien d’émigré. La nomenclature de l’an XIII indique une situation de propriété particulière : le moulin appartenait alors pour un huitième à la veuve Chardon et pour les sept huitièmes à la « Légion d’Honneur ».
Une petite usine marqua l’entrée sud de Bulles, ancienne localité réputée pour la mulquinerie, activité consacrée au tissage et au commerce de toiles fines de lin, telles que la batiste, le linon et la toile de lin. Cette activité déclina avec la révocation de l’édit de Nantes. Le châtelet fut démoli en 1432 sur ordre de Charles VII, tandis que le château fut incendié en 1636 par Jean de Werth.
Reconstruit en 1818 et doté d’une chute de 2,30 mètres, le moulin figurait encore sous le nom de « moulin de Bulles » sur le plan directeur de Fay-Hermes au 1/20 000e, dressé en 1918. Vers 1890 et jusqu’en 1936, il fonctionna comme scierie de bois et fabrique de manches à balais. Aujourd’hui, il n’est plus en activité. Une partie d’une roue à pales en bois ainsi que le mécanisme de fonctionnement subsistent toutefois à l’intérieur du bâtiment.