En 1919, Henri Cadot, mineur et figure emblématique du syndicalisme, devient maire de Bruay. Il est le premier à rompre le lien entre la municipalité et la compagnie. En 1925, il décide la construction d’un nouvel hôtel de ville, doté d’un beffroi de 47 mètres de hauteur. Élevé à quelques pas du château du directeur, l’édifice devait faire contrepoids à ce dernier.
Réalisé par les architectes bruaysiens René et Paul Hanote, l’hôtel de ville adopte un style néo-régionaliste. Sa construction associe la brique rouge à la pierre calcaire, utilisée pour les soubassements, les arcatures des fenêtres et certains bandeaux. La décoration demeure sobre, tout en faisant référence à l’activité de la commune. Des guirlandes de fleurs ornent le cadran de l’horloge. Les trois portes d’entrée présentent des profils de mineurs, ainsi que les symboles du pic et de la lampe de mineur.
L’intérieur conserve des vitraux réalisés en 1929 par les maîtres verriers lillois Labille et Bertrand. Hauts de 10 mètres et larges de 2,50 mètres, ils évoquent des scènes de la fosse 5 de Bruay. Au rez-de-chaussée, deux abatteurs équipés d’une barette, c’est-à-dire un casque, de pics et de lampes travaillent à l’extraction du charbon. Dans la partie supérieure apparaissent une cafus, ou trieuse, et un hercheur poussant une berline ; les schistes et les cailloux sont ensuite acheminés sur les terrils. À droite, au rez-de-chaussée, la remontée des mineurs est représentée alors qu’ils se dirigent vers la lampisterie.
Un nouvel hôtel des services, accolé à l’hôtel de ville, a été réalisé en 2009 par les cabinets Trace ARCHI-IITECTES, architectes mandataires, et Roussen & Savarino, architectes associés.