Au sein de l’hôtel de ville de Saint-Omer se trouve un théâtre à l’italienne construit par l’architecte Pierre Bernard Lefranc. Son organisation reprend des caractéristiques apparues dans les théâtres de la Venise du XVIIe siècle : un parterre destiné au public populaire et des loges réservées aux classes aisées. La scène possède un plancher incliné, tandis que les décors fixes et mobiles ainsi que la machinerie demeurent dissimulés aux spectateurs, selon les principes associés à l’Italien Nicolas Sabbatini.
La disposition des loges présente toutefois une particularité : chacune est placée en retrait par rapport à celle du niveau inférieur. Cette organisation forme un ensemble harmonieux et met en valeur le plafond richement décoré, sous lequel un grand lustre à pampilles peut être dissimulé pendant les représentations. Les couleurs, les sculptures et les peintures en trompe-l’œil contribuent à l’ornementation de la salle. Le plafond comporte également quatre figures allégoriques représentant la Poésie, la Musique, le Théâtre et la Danse.
La cage de scène abrite la machinerie. Dans les murs sont également noyés des vases en terre, associés à l’ossature en bois pour améliorer l’acoustique. Cet usage, connu depuis le théâtre antique, a aussi été employé au Moyen Âge dans certaines églises afin de favoriser la transmission des sons.
Le théâtre a été inauguré le 18 octobre 1840 avec l’opéra *Le Domino noir* et le vaudeville *Aîné et cadette*. Il est fermé au public pour des raisons de sécurité depuis 1973. Sa capacité d’accueil est d’environ 350 places ; la scène, peu profonde et peu ouverte, ne possède pas de fosse d’orchestre. Ces contraintes sont compensées par la proximité entre les artistes et les spectateurs, qui contribue à l’atmosphère particulière de la salle.