À l’origine, Saint‑Barthélemy était habitée par les Arawaks, un peuple amérindien installé dans toute la région des Antilles jusqu’à la Floride. L’île entre dans l’histoire européenne en 1493 lorsque Christophe Colomb l’aperçoit lors de son deuxième voyage.Au fil des siècles, les puissances coloniales se disputent ce petit territoire stratégique : Français et Anglais s’y succèdent, jusqu’en 1784, lorsque la France cède l’île à la Suède en échange de privilèges commerciaux dans la ville de Göteborg. Sous administration suédoise, l’île connaît une période de prospérité : ports aménagés, forts militaires (Gustaf, Karl et Oscar) et bâtiments officiels témoignent encore aujourd’hui de cette époque. C’est d’ailleurs au roi Gustave III — et non Oscar III comme on le croit parfois — que la capitale doit son nom : Gustavia.Mais après des années marquées par les guerres, les catastrophes naturelles et les crises économiques, l’île s’appauvrit. La Suède décide alors de la rétrocéder à la France le 16 mars 1878.La première évolution moderne arrive au XXᵉ siècle : en 1946, le pionnier de l’aviation Rémy de Haenen fait atterrir son avion pour la première fois à Saint‑Jean, ouvrant l’île au monde. Puis, dans les années 1950, le véritable tournant opère avec le milliardaire David Rockefeller tombe sous le charme de Saint-Barth lors d’une croisière avec sa femme, y fait construire une propriété et invite ses amis riches et influents. L’île devient alors progressivement une destination prisée, mêlant luxe discret, nature préservée et douceur de vivre.Aujourd’hui, avec environ 12 000 habitants, Saint-Barth continue de fasciner les visiteurs du monde entier — une petite île à l’histoire immense.