L’église Saint-Julien de Laizy occupe un site correspondant à l’emplacement d’une villa gallo-romaine, possédée dès le VIe siècle par l’évêque d’Autun puis donnée à la cathédrale au début du VIIe siècle. Selon la légende, elle aurait été construite à l’endroit où saint Julien de Brioude, accompagné de saint Léger, jetait son marteau. Une première église existait déjà au Xe siècle. Depuis les années 1120, l’édifice dépendait du chapitre de la cathédrale d’Autun, dont il est contemporain. Sa construction pourrait également avoir été encouragée par l’évêque Étienne de Bagé.
L’église actuelle date du deuxième quart du XIIe siècle. Le chœur aurait été commencé dans les années 1120 et la nef achevée vers 1140. Son plan comprend une nef de trois travées bordée de bas-côtés, un transept légèrement saillant et une abside semi-circulaire précédée d’une travée droite. Une chapelle seigneuriale gothique, dédiée à saint Hubert, fut ajoutée au sud du chœur aux XVe ou XVIe siècles ; une sacristie occupe le côté nord.
Un incendie survenu vers 1640 provoqua la chute des voûtes de la nef. L’église fut remaniée au XVIIe siècle et de grands contreforts furent ajoutés en 1687 afin de stabiliser l’édifice. L’extérieur, profondément transformé, présente aujourd’hui peu de caractères romans. La façade et le portail sont d’apparence moderne, tandis que le clocher, établi sur la croisée du transept, est percé de baies simples. L’abside constitue la partie extérieure la plus typiquement romane, notamment par son appareil et ses baies ; elle conserve aussi quelques modillons à volutes simples.
À l’intérieur, la disposition romane demeure lisible. Les voûtes de la nef ont disparu et ont été remplacées par des plafonds plats. Les piliers carrés, flanqués de pilastres dotés d’impostes et de chapiteaux, portent les grandes arcades en plein cintre. Le transept repose sur quatre piliers cruciformes ; des arcs brisés à double rouleau soutiennent la coupole sur trompes, refaite depuis. Le chœur, en granit rose, est la partie la plus ornée. Son abside en cul-de-four conserve deux baies et sept arcatures en plein cintre sur colonnettes, avec chapiteaux. Au sud, la chapelle Saint-Hubert possède une voûte en ogive et abrite la châsse du saint. Les chapiteaux ont été inscrits aux Monuments historiques en 1950 et l’église a été restaurée à la fin du XXe siècle.