Le prieuré de Rouxmesnil-Bouteilles se distingue par une architecture remarquable et par un passé qui associe résidence seigneuriale, établissement religieux et bâtiment communal. Le Département de la Seine-Maritime lui a attribué le label « Patrimoine Rural » en raison de ses qualités architecturales et historiques.
La construction commence à la Renaissance, lorsque la famille d’Hacquenouville fait édifier une résidence principale. Roger d’Hacquenouville, présenté comme un membre illustre de cette famille, est chambellan du roi de France Charles VI au début du XVe siècle. En 1692, une communauté religieuse s’installe dans la demeure. Le prieuré passe ensuite aux jésuites, qui y restent jusqu’en 1762. À la Révolution française, il est vendu comme bien national. Au XIXe siècle, le grand-père du compositeur Claude Delvincourt acquiert la propriété. Le musicien y demeure jusqu’à son décès, en 1954. Depuis 1980, l’ancien prieuré abrite la mairie de Rouxmesnil-Bouteilles.
Le logis présente un plan rectangulaire et repose sur une cave voûtée. Son entrée se trouve à droite des marches menant à une porte en arc plein cintre, accompagnée d’une frise décorée en grès. Les façades associent le grès et le silex selon une composition régulière, caractéristique du patrimoine rural de la région dieppoise. La silhouette massive de l’ensemble a été conservée malgré les modifications et les restaurations réalisées au fil du temps. Les fenêtres à meneaux, les oculi percés dans la façade et les lucarnes de style anglo-normand complètent cette composition.
À l’arrière du bâtiment se trouve une tour carrée qui évoque les campaniles italiens. Au nord-ouest, une grosse tour octogonale, ajoutée en 2001, accueille le public de la mairie. Ses murs reprennent les motifs en grès et en silex du logis, assurant une homogénéité visuelle à l’ensemble. Les anciennes écuries se situent à proximité de l’accès à la mairie, dans un parc planté d’arbres.