La tour Saint-Jacques appartient aux anciennes fortifications de Pertuis. Depuis la fin du XIIe siècle, la ville était protégée par un « barri », ou mur d’enceinte. Reconstruite et agrandie au milieu du XIVe siècle, cette enceinte comptait sept tours carrées, des tourelles demi-rondes, cinq portes et une poterne. Ces travaux furent entrepris par Guillaume Roger de Beaufort, seigneur de Pertuis, après la prise de la ville, en 1356, par les Truchins, une bande de soldats démobilisés conduite par Arnaud de Cervole, dit « l’Archiprêtre ». Ils se poursuivirent jusqu’en 1381 et furent financés par des taxes supplémentaires établies par le Conseil de ville.
La tour Saint-Jacques, également appelée tour du Niais, constituait l’une de ces sept tours. Cette appellation désignait peut-être plutôt la tour demi-ronde située à proximité, au-delà de la rue Basse. Le terme « nais » faisait référence à un lieu où l’on rouissait le chanvre. Ouverte à la gorge, c’est-à-dire du côté intérieur de la ville, la tour abrite deux salles voûtées en berceau, commandant trois meurtrières. À l’étage, une ouverture donnait sur le chemin de ronde en surplomb, dont subsistent encore des vestiges. La plate-forme supérieure était protégée par un crénelage sur mâchicoulis à encorbellements multiples. Au début du XXe siècle, la tour conservait encore l’ensemble de ses créneaux et de ses merlons percés d’archères.
Considérée comme le témoignage le mieux préservé des anciennes fortifications de Pertuis, elle a été restaurée en 1978. À proximité se trouvait le Portail-des-chiens, une simple poterne ouverte au débouché de la rue Basse. Ce lieu apparaît dans le conte de Paul Arène, poète provençal, *Les Haricots de Pitalugue*. La tour Saint-Jacques a été inscrite au titre des Monuments historiques le 5 avril 1930.