Située sur les bords de la Sarthe, au cœur de la commune de Brissarthe, l’église Notre-Dame ouvre sa façade occidentale sur la petite place Robert Le Fort.
Ses origines sont carolingiennes. Son histoire commence bien avant l’an mil lorsqu’en 866, leur invasion poussent les Normands à Brissarthe. Ils se retrouvent encerclés par les troupes des comtes d’Anjou, de Poitou et du Maine, menées par Robert Le Fort, l’aïeul de Hugues Capet (939-996) et de la dynastie capétienne. C’est au prix de la vie de Robert le Fort que les Normands rebroussèrent chemin.
Dans ses chroniques, l’historien Réginon de Prüm (842-915) précise que l’église était très grande et en pierre.
Si nous ne disposons d’aucun écrit à ce jour, il est certain que le chevet, les murs de la nef et la façade occidentale sont caractéristiques de l’architecture romane comme la maçonnerie de « petit appareil », les grands arcs plein cintre ou encore l’absence de chapiteaux sculptés. Notons qu’en 1162, le seigneur de Brissarthe fit don de l’église à l’abbaye Saint Serge d’Angers afin qu’un prieuré puisse y être installé. Rainaldus Sale fut le premier prieur de 1162 à 1168.
Des modifications gothiques, Renaissance et Classique suivent.
A la fin du XVe, deux baies gothiques sont ouvertes dans les murs gouttereaux de la nef.
Au début du XVIe, la façade occidentale est remaniée, ce que l’on constate en observant l’entrée et son ornementation Renaissance.
En 1730, un violent orage en fit s’effondrer le clocher sur le chœur et le bras sud. Jean Bléreau de Châteaurenaud en assura la reconstruction. Il adopte une silhouette singulière en « bec d’hirondelle », une forme rare qui fait aujourd’hui tout le charme et l’originalité de l’édifice.
En 1737, il lança, grâce aux financements de demoiselle Anna Amat, la construction du maître autel. Il confia les travaux au sculpteur Pierre-Etienne Surrugue et à l’architecte Rabeau qui réalisèrent ce retable, mélange de classique et de baroque.
Ce n’est qu’en 1825 que le tableau de l’Assomption de la Vierge Marie fut peint par Jean Baptiste Thonnesse fortement inspiré d’une œuvre de Noël Coypel (1628-1707).
L’actuel presbytère, adossé à l’église, fut construit pour Jean Jacquemart à la fin du XVIIIe, sur les ruines du bras de transept sud détruit par l’orage de 1730. Il y installe son parent Claude Jacquemart, député suppléant du clergé aux Etats Généraux de 1789. Mais en 1791, le prieuré fut dissout et l’église redevint simple paroisse. La cure a ensuite été vendue à des propriétaires privés puis rachetée par la mairie en 1825.
De 1900 à 1911 est lancée une grande campagne de réfection des vitraux, financée par l’abbé Piau et Madame Frédéric Le Motteux. La réalisation des vitraux fut confiée au Maître-verrier d’Angers, Jean Clamens. Cet artiste réalisa une importante série de vitraux sur la guerre de Vendée et sur la vie de Cathelineau que l’on peut admirer à l’église Saint Pavin du Pin-en-Mauges.





