Dans ce lieu paisible, depuis près de mille ans, des générations d’habitants viennent célébrer ici, les grands moments de leur vie : baptêmes, mariages, funérailles, fêtes, messes…
Ici même se trouvait autrefois un fanum, un petit temple gallo-romain. De ce mot ancien viendrait le nom de Feneu. Situé le long de la voie romaine reliant Angers au Lion-d’Angers, cet endroit était déjà un lieu de passage et de rencontre.
L’église est mentionnée dans les archives dès 1064. À l’origine, il s’agissait d’une petite chapelle destinée à une communauté d’environ deux cents habitants. Au fil des siècles, le village grandit, et l’église avec lui.
Entre 1770 et 1771, l’édifice est presque entièrement reconstruit grâce à l’engagement des paroissiens et du curé Peton. L’église prend la forme d’une croix latine, orientée d’est en ouest, selon la tradition chrétienne : le regard tourné vers la lumière du soleil levant, symbole de résurrection et d’espérance.
En avançant dans la nef, imaginez les générations qui ont prié ici avant nous. Huit personnes reposent encore sous le sol de l’église, 5 hommes et 3 femmes. Leurs tombes sont invisibles aujourd’hui sous les dallages successifs. Avant la Révolution, un cimetière entourait l’édifice.
Au début de la seconde moitié du XIXᵉ siècle, l’église connaît une importante campagne d’embellissement dont l’installation d’une tribune et la construction d’une chapelle. Les lambris de bois, les entraits et poinçons de la charpente ont été recouverts d’un décor polychrome néo-gothique. Les murs ont reçu un décor à faux-joints à doubles traits. Le sol en carreau de terre cuite a été déposé et remplacé par un sol en dalle de pierre et ardoises. Les vitraux ont été mis en œuvre en 1862. Des lustres en cristal illuminaient la nef ! Trois cloches, une petite puis deux grandes, offertes par les paroissiens, ont rejoint le beffroi, rythmant la vie de la commune.
En 1962, deux bâtiments vétustes juxtaposant l’église furent remplacés par la sacristie actuelle qui fait le tour du chœur. En 1967, les peintures primitives du chœur furent refaites, les bancs remplacés, le maître-autel poussé au fond du chœur.
Cette Ă©glise nous rappelle aussi des figures discrètes mais lumineuses. La sacristie, divisĂ©e en deux par une cloison a donnĂ© naissance Ă une salle nommĂ©e Salle du Frère Emile. Ce laĂŻc dĂ©cĂ©dĂ© le 29 dĂ©cembre 1982 a servi humblement la paroisse durant 21 ans, Ă©tant Ă la fois aide aux prĂŞtres, organiste, serviteur de la paroisse assurant l’entretien du presbytère ainsi que l’accueil des paroissiens.
Dans le baptistère, une plaque attire particulièrement l’attention. Elle rend hommage à Jean Lépicier, né et baptisé ici en 1921. Mort à Buchenwald en 1945, il a été reconnu martyr en haine de la foi et béatifié en 2025 en la cathédrale Notre-Dame de Paris avec 49 autres martyrs de la foi.
Le 10 janvier 2026, Mgr Delmas, évêque d’Angers, est venu célébrer ici une messe d’action de grâce et bénir cette plaque mémorielle en présence de la famille de Jean Lépicier.
Cette mémoire nous rappelle que la foi n’est pas seulement une histoire ancienne gravée dans les pierres, mais aussi une aventure humaine vécue.





