L’église Saint-Martin-de-Vertou bénéficie d’une situation géographique privilégiée. Érigée fièrement sur un haut plateau, au centre du village, l’église domine de façon impressionnante la vallée de la Sarthe, offrant une belle perspective sur ses versants situés à l’est et au sud.
Elle est le témoignage fort et visible de cinq siècles de transformations, embellissements et agrandissements, un témoignage vivant de l’art religieux angevin.
Elle fut bâtie au 12e siècle en forme de croix latine avec une orientation traditionnelle d’est en ouest : le regard tourné vers la lumière du soleil levant, symbole de résurrection et d’espérance. L’édifice est flanqué, du côté sud, d’un clocher extrêmement massif, solidement épaulé par trois contreforts monumentaux.
En entrant dans l’église, le visiteur peut être surpris par la dimension de la nef qui mesure 27 mètres. Remanié au 18e siècle, elle fut considérablement agrandie vers 1860 en réponse à l’augmentation de la population. En allongeant la nef, cela a permis d’ajouter de nouvelles fenêtres sur la façade nord qui donnent une belle luminosité.
Vous remarquerez immédiatement la magnifique voûte en bois du 15e siècle, en forme de berceau et posée sur deux demi-voûtes.
Le chœur spacieux est pourvu d’une voûte en plâtre peinte où deux anges sont en adoration devant le Sacré-Cœur de Jésus, cœur qui a tant aimé le monde. Il est encadré par deux autels du 18e siècle. Le maître-autel central est composé d’une base en pierre dévoilant des reliques derrière une vitre, et d’une section haute en bois doré à la feuille pour abriter le tabernacle. Le vitrail du fond représente un splendide Saint Martin de Vertou datant de 1868. Saint Martin de Vertou est né à Nantes en 527. Évangélisateur du pays nantais et du nord du Maine et Loire, il fonde un premier monastère à Vertou et un second à Saint-Georges-de-Montaigu, où il meurt vers l’an 600. Son corps est alors ramené dans l’abbatiale de Vertou
Les chapelles formant les bras de la croix sont d’origine. Celle de Sainte Anne, à gauche, dévoile une voûte en bois, un autel du 18e siècle détaché de la paroi, ainsi que la tombe d’un ancien curé de Soulaire. Du côté droit, la voûte originelle protège les sépultures de la famille de Portebise (vers 1850) et accueille un autel dédié au Sacré-Cœur. Sur la pierre sculptée de la clé de voûte, on lit l’inscription : « 9 mars 1554, à l’ami vivre ». Cette expression du 16e siècle signifie vivre en amitié, dans la paix et la concorde, loyalement entre amis. C’est une devise chrétienne et communautaire gravée lors d’un chantier de l’église.
Depuis 1419, plus de 50 prêtres se sont dévoués dans cette église avec leurs paroissiens.
L’inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1970 constitue une belle reconnaissance patrimoniale, acquise aussi grâce à son vieux cimetière attenant des deux côtés de l’église. Selon leur importance dans la commune, les morts étaient enterrés du plus près au plus éloigné du mur du chœur.





